La rentrée scolaire, fixée au 15 septembre 2025 par le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A), continue de susciter des réactions au sein de la communauté éducative. Le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), par la voix de son porte-parole Mohamed Bangoura, rejette fermement cette date, qu’il juge inadaptée au contexte socio-économique actuel « Pour nous, le choix du 15 septembre traduit un manque de considération à l’égard des partenaires sociaux, des parents d’élèves et, plus largement, des acteurs de l’éducation », a déclaré M. Bangoura.
Selon lui, cette décision ne tient pas compte des réalités financières des enseignants. Il explique que ces derniers n’ont perçu que les salaires de juillet et août, souvent insuffisants pour couvrir leurs besoins de base, encore moins pour assurer les préparatifs de la rentrée « Avec ce maigre revenu, comment les enseignants peuvent-ils rejoindre leurs postes ? Comment peuvent-ils scolariser leurs propres enfants ? », s’interroge-t-il, évoquant également un manque de liquidités dans les banques, qui aggrave la précarité du personnel éducatif.
Le porte-parole du SLECG souligne par ailleurs l’absence totale de concertation avec les syndicats avant la fixation de cette date « Aucune structure syndicale — que ce soit la FSPE, le SNE ou le SLECG — n’a été consultée. Cela démontre un certain amateurisme au sein du ministère », a-t-il dénoncé.
M. Bangoura met également en lumière les difficultés que rencontrent de nombreuses familles en cette période, entre crise économique persistante et intempéries saisonnières « Beaucoup de parents ne sont pas en mesure d’acheter ne serait-ce qu’une paire de chaussures, encore moins de payer les frais de scolarité. Et il ne faut pas oublier que septembre est un mois de fortes pluies. Le pays a récemment perdu plusieurs enfants à cause d’inondations »,explique t-il.
Face à ces multiples raisons, le SLECG invite les autorités à revoir leur position et appelle les parents à la prudence « Cette rentrée est irréfléchie et inopportune. Aucun parent ne devrait mettre la vie de son enfant en danger en l’envoyant à l’école dans de telles conditions », a-t-il conclu.
Aliou Maci pour Walpmedia.info