La suspension de plusieurs formations politiques majeures, notamment le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) et l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), continue d’alimenter le débat sur la scène politique nationale.
Lors d’une conférence de presse tenue récemment, Aboubacar Soumah, président de (AFP) et ancien député de Dixinn, s’est exprimé sur le sujet en apportant des éclaircissements sur les raisons ayant motivé ces suspensions.
Selon lui, ces partis n’ont pas respecté leurs propres textes fondateurs, en particulier en ce qui concerne la tenue régulière de leurs congrès nationaux et la transparence dans leur gestion administrative et financière « Tous les partis politiques ont été évalués et ceux qui remplissent les critères ont été validés. En revanche, ceux qui ne respectent pas les exigences statutaires se retrouvent aujourd’hui suspendus. Ils peuvent avancer des justifications, mais ils savent pertinemment depuis combien d’années ils n’ont pas tenu de congrès national, ce qui est pourtant une obligation essentielle dans le fonctionnement d’un parti politique », a-t-il affirmé.
Aboubacar Soumah a insisté sur l’importance du respect des statuts internes, soulignant que ceux-ci imposent une révision de la direction du parti au maximum tous les cinq ans à travers la tenue d’un congrès. Il a également pointé l’absence de comptes bancaires officiels, de registres de donateurs ou de traçabilité des cotisations dans certains partis suspendus.
« Prenons le cas du RPG : depuis sa création, il n’a jamais organisé de véritable congrès national. M’Bany Sangaré, membre fondateur du parti depuis les années 1990, peut en témoigner. Pour l’UFDG, c’est la même chose. Le dernier congrès remonte à 2015. En tant qu’ancien membre du bureau politique national, j’y ai personnellement participé. Depuis, aucun congrès n’a eu lieu. Or, une périodicité de cinq ans est exigée. De 2015 à 2025, cela fait dix ans. C’est un manquement grave », a-t-il déclaré.
Il précise toutefois que la suspension n’est pas définitive. Selon lui, une mise en conformité des partis concernés avec leurs obligations statutaires pourrait aboutir à une levée de la sanction dans un délai de 90 jours « S’ils se mettent en règle, la sanction sera levée immédiatement dans un délai de trois mois », a-t-il conclu.
Aliou Maci pour Walpmedia.info