Ce jeudi, les autorités guinéennes ont procédé à la remise officielle des titres fonciers aux victimes des démolitions de Kaporo Rails, Kipe et Dimess, survenues entre 1998 et 2018. Cette initiative, annoncée récemment par le ministre porte-parole du gouvernement, vise à apporter une réparation et une compensation symbolique aux populations déplacées à la suite de ces expulsions forcées.

La cérémonie a réuni les autorités gouvernementales et les victimes dans un moment empreint d’émotion, marqué par la présence du Premier ministre, Amadou Oury Bah. Ce dernier a souligné l’importance de cet événement, tant pour les victimes que pour l’État.

Dans son discours, le Premier ministre a exprimé sa satisfaction de pouvoir participer à cette cérémonie, précisant qu’il s’agissait d’un « grand jour pour l’État » et d’un signe du renouveau guinéen. « C’est un plaisir pour nous aujourd’hui de retrouver les victimes de Kaporo Rails, Kipe et Dimess, et de participer à la distribution de ces titres fonciers en guise de réparation et de compensation pour les préjudices subis au cours des dernières décennies », a déclaré Amadou Oury Bah.
Le Premier ministre a rappelé les efforts du gouvernement pour réparer les injustices passées, conformément aux recommandations des assises nationales de 2022, qui ont plaidé pour une réconciliation nationale « L’État guinéen, celui du renouveau et de la refondation, est fermement engagé dans ce processus », a-t-il ajouté.

Bah Oury a également évoqué les souffrances des victimes, rappelant les lourdes conséquences des expulsions forcées, notamment la dislocation de nombreuses familles et les difficultés rencontrées par les jeunes générations, privées de foyers et de repères. « Je sais que beaucoup d’entre vous ont subi pendant des années. Vous avez vu vos familles se retrouver sans abri, et vous avez été contraints de survivre dans des conditions difficiles. Aujourd’hui, bien que nous ne puissions pas réparer totalement les dégâts causés, ce geste symbolique constitue une reconnaissance de vos lutte», a-t-il souligné.
Bien que les titres fonciers remis ne puissent effacer les traumatismes vécus par les victimes, le Premier ministre a insisté sur le fait que cette mesure représente un pas vers la reconstruction et un avenir plus serein pour les familles concernée « Ce n’est qu’un geste symbolique, mais c’est un geste qui témoigne de la volonté de tourner la page du passé et de regarder vers le futur », a-t-il ajouté.
Aliou Maci, pour Walpmedia.info







