La composition d’un gouvernement n’est jamais un simple exercice administratif. Elle est un acte politique, un signal stratégique et un instrument de gouvernance. En reconduisant des ministres clés tout en ouvrant la porte à de nouvelles figures féminines et jeunes, le président Mamadi affirme une double logique : consolider la continuité institutionnelle et incarner une volonté d’inclusion sociale et générationnelle.
Quatre reconductions majeures traduisent une stratégie de consolidation : Un porte-parolat assumé, une diplomatie marquée, la définition d’une politique nationale de la jeunesse, un secrétariat général du gouvernement modernisé, plus structuré, plus productif et plus efficace… Ce sont autant de prouesses qui, sans surprise, ont valu la reconduction de quatre figures majeures du gouvernement sortant.
Ousmane Gaoual, ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, a su transformer la parole publique en outil de stabilisation politique. Sa reconduction est la reconnaissance d’une communication institutionnelle équilibrée, entre transparence et responsabilité, dans un contexte de transition sensible.
Dr Morissanda Kouyaté aux Affaires étrangères, a maintenu la voix de la Guinée sur la scène internationale malgré sanctions et pressions. Sa diplomatie de fermeté et de dignité a permis de transformer les crises en opportunités de repositionnement.
Cellou Baldé désormais ministre de la Jeunesse et des Sports, incarne une politique nationale ambitieuse pour la jeunesse. L’élargissement de son portefeuille traduit une volonté de renforcer la cohésion nationale par l’engagement citoyen et la dynamique sportive.
Tamba Benoît Kamano secrétaire général du gouvernement, a mené des réformes structurelles discrètes mais essentielles. Sa reconduction confirme que l’efficacité administrative est un pilier incontournable de la gouvernance.
Ces reconductions ne relèvent pas du hasard : elles traduisent une volonté de continuité dans l’efficacité, de reconnaissance des résultats tangibles et de confiance dans des hommes qui ont su transformer leurs portefeuilles en leviers de réforme.
Parallèlement, les nominations féminines et jeunes incarnent une logique d’ouverture et de représentativité :
#Patricia_Adéline_Lamah, au ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, incarne une volonté claire de renforcer les politiques publiques en faveur de l’égalité et de la solidarité nationale.
#Djami_Diallo, nommée ministre et promue comme porte-parole adjointe, illustre la confiance renouvelée dans les compétences féminines en communication institutionnelle.
#Mariama_Ciré_Sylla, à l’Économie, aux Finances et au Budget, représente une nouvelle génération de femmes leaders capables de porter les réformes économiques avec rigueur et innovation.
Khaite Sall à la Santé et à l’Hygiène publique, apporte une expérience administrative solide et une vision transversale, traduisant une volonté de renforcer la gouvernance sanitaire, secteur vital pour la stabilité sociale et la crédibilité internationale.
Ces nominations donnent corps à l’engagement présidentiel de dédier ce septennat aux femmes et aux jeunes, en leur offrant une place centrale dans la construction de la Guinée de demain. elles marquent en d’autre terme ne rupture qualitative avec les régimes précédents.
Sous #Lansana_Conté, la reconduction reposait sur la fidélité politique et la longévité des ministres, souvent au détriment de l’efficacité.
Sous #Alpha_Condé les nominations visaient à équilibrer les alliances politiques et régionales, tandis que l’inclusion des femmes et des jeunes demeurait limitée dans les faits.
Sous la cinquième République, la Présidence de la République de Guinée opte pour une logique hybride :
– Institutionnelle : sécuriser les réformes déjà engagées dans des secteurs stratégiques.
– Symbolique : répondre à l’exigence de représentativité et de légitimité sociale.
Cette stratégie dépasse les logiques de fidélité ou de clientélisme pour instaurer une gouvernance fondée sur la compétence, la représentativité et la continuité.
in finie, nous avons partiellement un gouvernement de stabilité et de transformation
Cette nouvelle configuration gouvernementale est à la fois un instrument de stabilité et un vecteur de transformation. Elle illustre une gouvernance qui cherche à :
– consolider les acquis institutionnels,
– honorer les engagements envers les femmes et les jeunes,
– renforcer la confiance citoyenne,
– repositionner la Guinée dans son environnement régional et international.
En comparaison des régimes antérieurs, cette stratégie apparaît comme une évolution significative, qui mérite d’être soulignée et débattue dans l’espace public.
Joachim Baba Millimouno







