La question du rapatriement des ressortissants guinéens depuis l’Allemagne refait surface au sommet de la diplomatie entre Conakry et Berlin.
Lors d’un entretien avec le chargé d’affaires de l’ambassade d’Allemagne en Guinée, le ministre guinéen des Affaires étrangères a exprimé la vive préoccupation du gouvernement face aux conditions dans lesquelles certains compatriotes seraient renvoyés au pays.
Au cœur des échanges : un accord migratoire signé en 2018, bien avant l’arrivée de l’actuelle équipe dirigeante. Le chef de la diplomatie guinéenne a tenu à rappeler que cet engagement lie juridiquement l’État, au nom du principe de continuité.
« C’est l’accord-là qui engage le gouvernement parce que c’est signé par un gouvernement qui était là avant nous. C’est la continuité. Mais si nous, nous étions là, nous ne l’aurions pas signé. Nous ne l’aurions pas signé. Mais ça a été signé en 2018, avant nous. Nous endossons les conséquences. Mais nous tenons à ce que la dignité des Guinéens soit respectée. »
Des inquiétudes sur l’état de santé des rapatriés
Au-delà du cadre légal, Conakry met désormais l’accent sur l’aspect humain. Selon le ministre, plusieurs Guinéens récemment rapatriés auraient fait état de conditions préoccupantes, notamment sur le plan sanitaire.
« Aujourd’hui, nous avons une réaction de nos compatriotes qui viennent et qui nous donnent des informations selon lesquelles ils sont très malades. »
Ces déclarations traduisent une volonté claire : maintenir la coopération bilatérale, mais en écarter toute dimension jugée préjudiciable aux citoyens guinéens.
Dans un ton ferme mais diplomatique, le chef de la diplomatie a plaidé pour un rééquilibrage du partenariat avec l’Allemagne, insistant sur la nécessité d’« enlever la partie toxique » de la coopération.
« Nous tenons à la partie positive de notre coopération. Et ensemble, nous devons nous battre pour que la partie toxique de notre coopération soit totalement enlevée, pour que cette coopération continue avec nous. C’est dans ce cadre-là que je vous ai invités à venir. Et comme ça, nous allons travailler ensemble pour faire cette enquête et tirer les leçons. »
Cette proposition d’enquête conjointe pourrait marquer une nouvelle étape dans la gestion des questions migratoires entre les deux pays. Elle traduit également la volonté des autorités guinéennes de défendre les droits et la dignité de leurs ressortissants, tout en préservant les relations diplomatiques avec Berlin.
Diaraye pour Walpmedia.info







