Le Port autonome de Conakry connaît une saturation inhabituelle de ses installations, entraînant des retards dans le traitement des navires et des surcoûts pour les opérateurs économiques. Pour atténuer les effets de cette situation sur les importateurs et sur les prix à la consommation, les autorités guinéennes ont annoncé la suspension exceptionnelle des surestaries et pénalités portuaires du 15 décembre 2025 au 31 janvier 2026.
Cette décision vise à offrir un allègement financier aux acteurs du commerce extérieur, dans un contexte où la fluidité de la chaîne logistique est mise à rude épreuve.
Invité de l’émission Heure du bilan sur la RTG, le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a expliqué que la congestion actuelle résulte d’un décalage entre les infrastructures existantes et l’augmentation soudaine des flux.
« Le port n’a pas été dimensionné pour absorber une telle progression de l’activité en si peu de temps », a-t-il souligné.
Selon lui, l’activité portuaire a enregistré une croissance exceptionnelle sur une courte période, mettant en tension l’ensemble du dispositif opérationnel.
Le développement du projet minier de Simandou constitue l’un des principaux moteurs de cette hausse des volumes. À cela s’ajoute l’utilisation accrue du port de Conakry par plusieurs pays de la sous-région.
« Le Mali, la Sierra Leone et le Libéria recourent de plus en plus à Conakry pour leurs importations », a rappelé le ministre.
Cette attractivité régionale renforce le rôle stratégique du port, mais accentue également la pression sur ses capacités d’accueil.
Autre facteur contributif : les contraintes logistiques rencontrées par les industriels du ciment, dans un contexte de forte demande nationale.
« Les cimentiers fonctionnent actuellement avec des marges logistiques très réduites », a indiqué Ousmane Gaoual Diallo.
La hausse de la consommation de matériaux de construction, portée par les chantiers d’infrastructures, complique davantage la gestion des arrivées maritimes.
La gestion des produits pétroliers représente également un défi pour le port. Faute de capacités de stockage suffisantes à terre, certains navires sont maintenus à quai pour assurer l’approvisionnement du marché intérieur.
« Cela réduit mécaniquement la disponibilité des postes d’accostage », a reconnu le ministre.
Pour le gouvernement, ces difficultés traduisent l’entrée de la Guinée dans une nouvelle phase de développement économique.
« Le port subit les effets d’une économie en pleine transformation », a conclu le ministre des Transports.
Des mesures structurelles sont annoncées afin d’améliorer la fluidité des opérations portuaires et d’adapter les infrastructures à la croissance attendue dans les mois à venir.
Raydia pour Walpmedia.info







