À peine installé au palais présidentiel après son investiture du 17 janvier 2026, consécutive à l’élection du 28 décembre 2025, Mamadi Doumbouya fait déjà face à de fortes attentes sur le terrain des réformes.
Pour l’ancien ministre et sociologue Bano Barry, le temps n’est plus aux ajustements marginaux, mais à une remise à plat du fonctionnement de l’État.
Invité de l’émission Grand Angle sur la télévision nationale, l’universitaire a estimé que le point de départ de toute transformation sérieuse doit être la présidence de la République. Dans un régime présidentiel, soutient-il, cette institution concentre l’essentiel du pouvoir décisionnel et doit, à ce titre, assumer un rôle de chef d’orchestre de l’action publique.
« La présidence devrait être réformée de telle sorte qu’elle prenne en charge la réflexion, la répartition des ressources, la détermination des priorités, le suivi et les sanctions », a affirmé Bano Barry, plaidant pour une présidence structurante et stratégique.
Au cœur de son analyse, la question de l’architecture administrative occupe une place centrale. Le sociologue dénonce une inflation des structures étatiques, souvent créées sans vision d’ensemble, qui finit par paralyser l’efficacité gouvernementale. « S’il n’y a pas de réflexion sur cette architecture, vous avez des ministères qui sont créés (…) et qui vont elles-mêmes se multiplier, se métastaser (…) En fin de compte, on se marche sur les pieds », a-t-il averti.
Mais la présidence n’est pas, selon lui, le seul maillon à réformer. La primature doit également être renforcée et repositionnée comme un outil clé de coordination. « C’est un instrument de suivi rapproché des actions gouvernementales », a-t-il rappelé, soulignant son rôle stratégique dans la mise en œuvre des politiques publiques.
Sur le plan administratif, Bano Barry appelle à une rationalisation stricte de l’administration centrale, fondée sur l’application effective des textes existants. Il insiste notamment sur la clarification des chaînes hiérarchiques, la définition précise des effectifs et l’élaboration de fiches de postes claires, indispensables pour professionnaliser le service public.
Pour l’ancien ministre, la réforme de l’État ne constitue pas une fin en soi, mais un préalable à toute ambition de développement. « La priorité du président (…) c’est la réforme de l’État et de l’administration publique », a-t-il.
martelé, avant de rappeler que la richesse d’un pays ne repose pas uniquement sur ses ressources naturelles. « Ce n’est pas le sol ou le sous-sol qui enrichit un pays, ce sont les femmes et les hommes et leur capacité à transformer la nature en richesse nationale»
Raydia pour Walpmedia.info







