Les employés de la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK) ont déclenché une grève illimitée pour dénoncer la non-application des accords collectifs et exiger l’amélioration de leurs conditions de travail. Ce mouvement n’en est pas à sa première occurrence, comme le rappelle Sékouba Soumah, conducteur de locomotive et porte-parole des grévistes.

« Nous vivons dans une extrême précarité» dit-il
Selon M. Soumah, les travailleurs de la CBK subissent depuis des années une précarité grandissante, malgré l’existence d’une convention signée entre les centrales syndicales, l’État et le patronat, censée garantir leurs droits « Cette convention n’est pas respectée. Ce n’est pas la première fois que nous arrêtons le travail, c’est la troisième. Nous voulons que ce soit la dernière, afin que les engagements pris par ces trois structures soient enfin appliqués », déclare-t-il.
Le porte-parole déplore également des pressions exercées sur certains employés ayant revendiqué leurs droits, évoquant des menaces de licenciement.
Les grévistes affirment avoir déjà tenté à plusieurs reprises de trouver une issue à la crise. Un premier arrêt de travail avait eu lieu le 1er septembre 2025, à la suite duquel l’inspecteur général régional était intervenu « Il nous avait demandé de reprendre le travail et promis de résoudre le problème dans un délai de dix jours. Mais du 1er septembre au 15 octobre, rien n’a été fait », explique M. Soumah.
Malgré plusieurs réunions entre la direction de la CBK, les syndicats et les ministères de la Fonction publique ainsi que des Mines et de la Géologie, aucun accord concret n’a été trouvé. Les travailleurs affirment avoir repris le travail à plusieurs reprises, sans qu’aucune amélioration ne soit constatée, notamment sur le plan salarial.
Selon les dispositions de la convention collective, les travailleurs titulaires d’un diplôme et justifiant d’au moins quatre années d’expérience devraient percevoir un salaire de base de 8,5 millions de francs guinéens. Les ouvriers non qualifiés, quant à eux, devraient bénéficier d’un minimum de 2,6 millions GNF « Aujourd’hui, certains d’entre nous ne touchent que 1,5 à 3 millions de francs. Aucun travailleur n’a reçu le salaire prévu par la convention », regrette le syndicaliste.
Les employés dénoncent également les propos de leur directeur général, M. Peter Gayaski, qui aurait déclaré ne pas être disposé à accorder d’augmentation salariale « Il nous a dit que celui qui n’est pas satisfait de son salaire n’a qu’à écrire pour être réglé et quitter la société », rapporte Sékouba Soumah.
Face à la détérioration de leurs conditions de vie, les travailleurs de la CBK interpellent directement le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour qu’il intervienne en faveur de la justice sociale et du respect du droit du travail « Nous vivons dans la précarité. Certains de nos collègues ont plus de 20 ans de service et ne parviennent même pas à construire une maison. Comment préparer l’avenir dans ces conditions ? », s’indigne le porte-parole.
Les grévistes affirment vouloir poursuivre leur mouvement tant que leurs revendications ne seront pas prises en compte, espérant que cette fois, leurs voix seront entendues.
Issatou Bella Diallo pour Walpmedia.info







