Nul n’est assez grand pour échapper à la loi, du moins si nous aspirons véritablement à bâtir une nation forte et équitable.
Lorsque nous sommes tous citoyens d’un même pays, nous devons être traités sur un pied d’égalité afin d’éviter des frustrations inutiles. Il n’existe pas de citoyens ordinaires sur un même territoire ; la loi doit être la même pour tous.
Le rap constitue une composante essentielle de la culture musicale contemporaine, et les clashes entre rappeurs font partie intégrante de cette dynamique artistique. Toutefois, aller jusqu’à insulter les parents demeure inacceptable. Mais faut-il pour autant envoyer ces jeunes derrière les barreaux?
La sanction n’est-elle pas disproportionnée, sachant que l’escalade ne trouve pas son origine chez ces jeunes artistes, Opinnel et Sagata, qui se frayent aujourd’hui une place de choix dans le paysage culturel du rap guinéen ?
Où étaient les autorités lorsque des morceaux tels que « Gôlo Guemê » signifiant littéralement « testicule » étaient diffusés et célébrés ? L’auteur de cette chanson a même bénéficié des largesses du pouvoir, dont certains représentants ont publiquement dansé sur le morceau avec fierté.
Où étaient-elles également lorsque des lycéennes, dans une vidéo devenue virale, déclaraient ouvertement avoir entretenu des relations avec des enseignants et des responsables de famille ? Dans cette même vidéo, des propos d’une grande vulgarité ont été tenus par des élèves de l’école guinéenne. Ces faits n’affectent-ils pas, eux aussi, les mœurs ?
Jusqu’à quand assisterons-nous à cette politique du deux poids, deux mesures ? Jusqu’à quand nos textes resteront-ils faibles face à ceux qui bénéficient des faveurs du pouvoir ?
Une nation forte se construit sur la justice, l’équité et la cohérence dans l’application des lois.
Aliou Maci Diallo Journaliste reporter






