À l’approche de la fête de l’Eid El-Fitr, l’approvisionnement en viande devient de plus en plus difficile à Kankan. Entre rareté du produit et flambée des prix, les fidèles peinent à se procurer cette denrée essentielle pour les célébrations.
La situation se complique davantage pour de nombreux habitants de Kankan. Malgré leur volonté de célébrer dignement l’Eid El-Fitr, la viande se fait rare sur les marchés et son prix atteint des niveaux particulièrement élevés.
Interrogé par notre reporter, un boucher explique cette situation par le manque de rentabilité de son activité «Quand tu égorges un bœuf, tu peux perdre entre 2 000 000 et 3 000 000 GNF. Tu ne gagnes rien, ce ne sont que des pertes. C’est pourquoi beaucoup de bouchers ont arrêté de travailler. Avant, les éleveurs maliens proposaient des prix abordables, mais ils ne sont plus présents en Guinée. Aujourd’hui, un bœuf qui coûtait entre 5 000 000 et 8 000 000 GNF peut atteindre jusqu’à 22 000 000 GNF. Voilà le vrai problème. Nous demandons à l’État de penser à la population », explique Thierno Ismaël Baldé.
Du côté des consommateurs, le constat est tout aussi préoccupant. Fatoumata Diakité, venue acheter quelques kilogrammes de viande, témoigne de ses difficultés «J’ai fait le tour de Kankan avec mon argent. Cela fait plus de deux heures que je cherche de la viande, mais je n’en trouve pas. Je suis même restée dans les rangs sans succès. Nous, les femmes, nous souffrons beaucoup », confie-t-elle.
Même frustration chez Karamô Sama Sidibé « Avant, c’était ma femme qui achetait la viande. Aujourd’hui, en trouver est devenu un véritable combat. C’est pourquoi je me suis déplacé moi-même, mais jusqu’à présent, je n’ai rien trouvé. Pourtant, les prix restent élevés. Il n’y a qu’un seul point de vente opérationnel ici, ce qui complique tout» déplore-t-il.
De leur côté, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme. Un boucher, fort de plusieurs décennies d’expérience, affirme n’avoir jamais connu une telle situation « En 40 ans de métier, je n’ai jamais vu une situation pareille à Kankan. Les prix sont très élevés et les bœufs sont introuvables. Je suis même allé jusqu’à Kérouané sans succès. Cela fait plus de quatre jours que je ne vends pas de viande » explique-t-il.
Selon plusieurs bouchers, la prolongation de l’interdiction de la transhumance transfrontalière serait l’une des principales causes de cette pénurie.
Souleymane pour Walpmedia.info







