02 janvier 2025- 02 janvier 2026,
Un an, jour pour jour depuis que j’ai été libéré de ma détention.
J’ai été arrêté juste parce que j’ai osé dire la vérité. J’ai dénoncé la fermeture des médias, la cherté insoutenable de la vie et les arrestations extrajudiciaires qui ensanglantent notre pays dont sont victimes camarades Foniké Menguè, Billo Bah, Habib Marouane camara et Cie. Pour cela, un an après ma libération, je porte encore sur moi les séquelles de la brutalité lors de mon arrestation: nuits interrompues, douleurs persistantes. Et pire ils m’ont déshabillé devant un civil dans le bureau du lieutenant saïkou Oumar Diallo et en dépit de ma souffrance et les blessures que je portais en moi, durant ma période de garde à vue à la direction centrale des investigations judiciaires, on m’a refusé catégoriquement des soins médicaux et pour informer ma famille et mon conseiller, c’est trois jours après qu’ils m’ont permis de le faire. Ce refus n’était pas un incident isolé, c’est un symptôme. Il révèle une mécanique du pouvoir qui cherchait à tout prix à me faire une pression pour parler et taire toutes les voix dissonantes.
Les premières semaines ont été très difficiles pour moi, à la fois un travail psychologique autant qu’idéologique. La peur n’a pas quitté mes épaules non pas pour moi, mais sur la sécurité de ma famille et mes camarades, quelque temps après, elle a trouvé un autre chemin pour circuler, elle a quitté mes mains pour devenir un témoin discret, me rappellant que je dois rester fort sans devenir paranoïaque. C’est dans ce cadre trempé que j’ai décidé de continuer, non pas en criant plus fort, mais en ébauchant des formes de résistance plus subtiles, plus durables. Le poids moral de ce que j’ai vécu reste pour moi une source de résilience. Cette expérience a juste renforcé mes conviction pour la bonne cause et m’a rappelé que le silence n’est pas une option et que seule la lutte libère.
En dépit de tout, je reste encore plus déterminé qu’avant à dénoncer ces violations des droits humains et je rappelle au peuple de Guinée, aux militants pro-démocratie, aux défenseurs des droits humains et tous les citoyens épris de paix et de justice que si l’avenir peut encore appartenir à ceux qui osent parler, alors nous devons continuer à parler toujours avec la même énergie et que l’on sache surtout, l’esprit d’un peuple qui a été obligé de lutter pour sa voix ne s’éteigne pas, mais s’élève, comme un chorus qui refuse de se taire.
J’en suis persuadé que, demain nos voix seront écoutées par ceux qui peuvent encore faire bouger les lignes , nous serons une fois de plus, des témoins d’un droit qui refuse de disparaître, le droit de parler, le droit de questionner, le droit d’exister sans trembler devant l’oppression, se battre jusqu’à ce que le silence perde toute raison d’être.
Je raconte mon histoire non pas pour susciter la pitié, mais pour éveiller les consciences, pour nous rappeler qu’on doit se battre pour nos droits. Derrière mon arrestation et celle de tous les autres camarades, se dessine le tableau d’un pays où l’injustice et l’insécurité ne sont pas seulement celles des rues, elles sont institutionnelles. Les citoyens vivent dans la peur, peur d’être arrêtés sans motif, peur de voir disparaître ou se faire tuer.
Liberté à nos camarades Foniké Menguè, Billo Bah, Aliou Bah, Habib Marouane camara et tous les autres otages politiques.
Par mohamed Ramadane diallo coordinateur national du parlement citoyen de l’engagement civique







