La Journée internationale du théâtre, célébrée chaque année le 27 mars est une occasion privilégiée de mettre en lumière cet art universel, véritable creuset d’expression, de réflexion et de transformation sociale. Instituée en 1961 par l’Institut International du Théâtre, elle rappelle avec force l’importance du théâtre dans la construction et l’évolution des sociétés.
En ce vendredi 27 mars 2026, je rends un hommage appuyé à toutes les femmes et à tous les hommes qui, en Guinée comme ailleurs dans le monde, consacrent leur talent, leur énergie et leur passion à faire vivre cet art noble.
Le théâtre dépasse le simple divertissement : il est un outil puissant d’éducation, d’information, de sensibilisation et de cohésion sociale. Il donne vie à nos histoires, porte nos voix et contribue à la préservation de notre identité culturelle. Depuis les indépendances, la Guinée s’est affirmée comme une grande nation théâtrale. À travers des figures emblématiques telles que Keïta Fodéba et ses Ballets Africains de Guinée, dont les créations étaient profondément théâtralisées, notre pays a durablement marqué la scène artistique africaine.
En ma qualité de représentant de la culture au sein du Conseil National de la Transition, mais aussi en tant qu’ancien sociétaire du Théâtre National de Guinée, je me considère comme héritier de cette riche tradition. Je garde un souvenir particulièrement fier de notre participation au Festival international du théâtre de Béjaïa, en Algérie, en 2012. Face à plus de soixante troupes venues du monde entier, la Guinée s’est distinguée en remportant deux prestigieuses distinctions : le prix du meilleur texte, attribué à feu Ahmed Tidiani Cissé, ancien ministre de la Culture, ainsi que celui de la meilleure représentation décerné à notre délégation.
Cependant, cet héritage prestigieux contraste aujourd’hui avec les nombreux défis auxquels le théâtre guinéen est confronté.
J’en appelle d’abord aux acteurs du théâtre : engageons-nous résolument dans la formation continue, la professionnalisation et la recherche de l’excellence. Le talent, à lui seul, ne suffit plus ; il doit être soutenu par des compétences solides, une rigueur artistique constante et une ouverture au monde. Nous devons également investir davantage les grandes scènes internationales, participer aux festivals et porter haut les couleurs de la Guinée.

J’interpelle également le département en charge de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat sur le manque criant d’infrastructures dédiées au théâtre. En 2026, il est difficilement concevable que Conakry ne dispose pratiquement que d’une seule salle semi-professionnelle, le Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG), fruit de la coopération de 1996. À l’intérieur du pays, l’absence d’espaces adaptés est encore plus préoccupante. Une politique ambitieuse d’investissement dans les infrastructures culturelles s’impose aujourd’hui comme une urgence.
Le théâtre guinéen possède un passé glorieux, un présent courageux et doit impérativement se doter d’un avenir structuré, ambitieux et durable.
J’invite enfin l’ensemble des acteurs culturels, les institutions publiques et privées, ainsi que tous les citoyens, à unir leurs efforts pour faire du théâtre un pilier vivant de notre patrimoine et un véritable levier de développement social.
Vive le théâtre !
Vive la culture guinéenne !
Honorable Mamadou Thug
Artiste comédien et membre du CNT







