Les coutumiers du site de Balantadougou, situé à Sonfonia bas-fonds dans la commune urbaine de Sonfonia, revendiquent leurs droits fonciers face à un entrepreneur local qui prétend être le « propriétaire » de tout le site, qui s’étend sur 680 hectares.

Fédérés autour du collectif des coutumiers de Sonfonia Centre et de Kobayah Village, Monsieur Foromo Togba Dopavogui est l’un des revendicateurs. Il donne sa version des faits «Ici, nous sommes sur le domaine communément appelé Balantadougou. Ce domaine est vaste, mais c’est une partie estimée à 680 hectares qu’un entrepreneur, qui est arrivé il y a deux ans, a commencé à occuper, sans aucune consultation préalable avec les propriétaires coutumiers qui résident à Sonfonia, Yataya, et Yacobaya.
Ces propriétaires coutumiers, figurez-vous, vivent sur ce terrain depuis des centaines d’années, bien avant même le premier régime. Vous savez comment se sont déroulées les premières occupations. Ils ont tout ici : ils pratiquent l’agriculture, comme vous pouvez le constater, ils pêchent également. Mais voilà qu’une tierce personne, un citoyen comme nous, se lève un beau matin pour venir occuper ce terrain sans le consentement préalable des propriétaires. Cela constitue une injustice»

Il qualifie ensuite de « faux argument » ce que prétend cet entrepreneur local, qui serait le promoteur du projet Dream City et qui aurait déjà déployé des engins de chantier sur le site «Il prétend que c’est l’État qui lui a attribué ce terrain. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui, pour interpeller l’État. Il dit que c’est eux qui lui ont donné le terrain, et nous voulons savoir la vérité. Nous voulons que justice soit faite.
Nulle part ailleurs en Guinée, ni même en dehors du pays, on ne peut occuper le domaine de quelqu’un sans son consentement préalable. Cela touche directement le droit foncier. C’est de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Tout porte à croire que vous avez entendu parler du projet Dream City porté par la Société de gestion et de construction de Guinée, dont le promoteur est sur place.
Nous avons tenté à plusieurs reprises de le contacter pour savoir si des démarches préalables ont été faites. Ce n’est pas la première fois que nous nous exprimons à ce sujet. Aujourd’hui, nous avons tenu à inviter la presse, car nous sommes convaincus que, malgré toutes nos démarches, le rôle de la presse est crucial dans cette histoire «Sur ce domaine, trois groupes sont représentés par le « Collectif des coutumiers de Sonfonia Centre et de Kobayah Village ». Ce domaine est revendiqué par des milliers de familles. Cécé Kourouma est l’un d’eux.

«Vous devez comprendre qu’il y a trois groupes ici : celui de Kobayah, celui de Sonfonia Centre et celui de Yataya. Et au sein de ces groupes, il y a aussi des acquéreurs, des personnes qui ont acheté des terrains auprès des propriétaires coutumiers par le passé. Aujourd’hui, comme vous pouvez le constater, M. Sow se comporte comme un vrai cow-boy. Il est hors la loi, il ne respecte personne, et encore moins les droits des coutumiers. C’est pourquoi nous constatons qu’il fait n’importe quoi sur le terrain.
Nous l’avons convoqué plusieurs fois, et comme mon frère l’a dit tout à l’heure, même si l’État veut récupérer des terrains pour les aménager, il fait toujours appel aux coutumiers. Vous pouvez voir avec le cas de Tayaki : là, il n’y a eu aucun problème car tout a été fait dans les règles de l’art.
Les coutumiers ont été consultés, leurs droits ont été reconnus, et le terrain a été viabilisé. Chacun a eu sa part : les promoteurs immobiliers, les coutumiers, ainsi que les acquéreurs. Il n’y a pas eu de conflit.
Mais ici, à Balantadougou, à Sonfonia Centre précisément, pourquoi les droits des coutumiers ne sont-ils pas pris en compte ? C’est ce qui nous pousse aujourd’hui à nous rassembler pour revendiquer nos droits, afin que l’État puisse prêter attention à cette situation et prendre les mesures nécessaires»
Il est à noter que l’homme accusé dans ce dossier, Elhadj Sow, a été contacté par les journalistes présents sur le site pour donner sa version des faits. Cependant, il a préféré garder le silence.
Mina Kaba pour Walpmedia.info







