Au lendemain de l’éboulement survenu dimanche au niveau de la décharge de Dar-Es-Salam, les opérations de déguerpissement se poursuivent dans les environs. Parmi les personnes concernées, certains habitants affirment avoir été surpris par l’ampleur de la mesure, estimant ne pas avoir été suffisamment informés au préalable.
Alpha Yakhouba Sow, concessionnaire et victime du déguerpissement à Dar-Es-Salam, témoigne de son incompréhension. Selon lui, les premières informations communiquées par les autorités ne faisaient pas état d’une évacuation des habitations environnantes «Quand ils sont venus ici au début, ils nous ont dit que nos habitations n’étaient pas concernées. Ils parlaient de démolir les pakas installés aux alentours de la décharge. »
Il affirme également que les habitants du secteur auraient été informés que l’opération visait notamment les cabarets et autres installations implantés à proximité de la décharge, présentés comme pouvant être à l’origine ou comme ayant contribué aux risques liés au site.
Alpha Yakhouba Sow précise par ailleurs que, selon lui, son habitation se situe dans le secteur de Hamdallaye 1 et non dans celui de Dar-Es-Salam.
La situation aurait toutefois changé lorsque les autorités ont annoncé que les habitations environnantes étaient également concernées par le déguerpissement «À notre grande surprise, ils sont venus nous dire de quitter aussi, qu’ils vont casser toutes les habitations environnantes. On ne nous a pas alertés à temps », déplore-t-il.
Le concessionnaire revient également sur une précédente visite du ministre de l’Habitat dans la zone. Selon son témoignage, cette visite avait surtout mis l’accent sur les hangars et les lieux fréquentés par des jeunes, notamment en raison de la consommation de drogues.
Il affirme que certains riverains avaient eux-mêmes envisagé de demander aux propriétaires des hangars de quitter les lieux, mais qu’ils auraient été dissuadés par les réactions de ces derniers.
« Nous-mêmes, on voulait demander aux propriétaires des hangars de quitter les lieux, mais ils allaient toujours dire que c’est pour l’État. Ils pouvaient même t’insulter. C’est pourquoi on ne s’est pas mêlés », explique-t-il.
Pas de promesse de dédommagement
Pour les habitants désormais contraints de quitter leurs concessions, la question du dédommagement demeure également une source d’inquiétude.
Alpha Yakhouba Sow affirme qu’aucune promesse de compensation ne leur aurait été faite au moment où il leur a été demandé de libérer les lieux.
« On nous a demandé de quitter les lieux sans aucune promesse de dédommagement. Mais bon, je laisse tout entre les mains de Dieu, car je ne peux rien contre sa volonté. On attend le retour des autorités », conclut-il.
Alors que les autorités poursuivent les opérations dans la zone touchée par l’éboulement, les témoignages des habitants mettent en lumière les préoccupations liées à l’information préalable, au relogement et à l’éventuel dédommagement des personnes affectées.
La situation reste donc suivie de près par les riverains, qui attendent désormais des précisions des autorités compétentes sur les mesures d’accompagnement prévues pour les familles contraintes de quitter leurs habitation
Aliou Maci pour Walpmedia.info





