À l’occasion du 68ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le Président du Bloc Libéral (BL) a livré un discours-bilan à forte portée politique. Entre hommage aux pères de l’indépendance et interpellation sur les drames récents, il a soumis quatre priorités au Chef de l’État.
Dans un discours prononcé à l’occasion du 2 octobre 2026, le président du Bloc Libéral s’est adressé aux Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur, rendant hommage aux figures de l’indépendance, dont Jeanne-Martine Cissé, Fodéba Keïta, Saïfoulaye Diallo et le premier président Ahmed Sékou Touré.
Au-delà de la commémoration du « Non » historique du 28 septembre 1958, le leader du BL s’est interrogé : « 68 ans après, qu’avons-nous fait de cette liberté ? ». Pour lui, l’indépendance ne doit pas se limiter à la souveraineté territoriale, mais se traduire par la liberté des citoyens, la dignité, la justice et la solidité des institutions.
Le discours a été marqué par un appel appuyé à la justice et à la mémoire. Le Bloc Libéral a demandé aux autorités de poursuivre les investigations sur les personnes disparues, d’identifier les victimes et de restituer les dépouilles aux familles.
Le parti est également revenu sur plusieurs drames qui ont endeuillé le pays :
A: Dar-es-Salam : l’éboulement de la décharge ayant coûté la vie à 35 citoyens.
B: Sabakhouré (Forécariah) :la découverte le 24 août dernier de six corps non identifiés. Le BL demande une enquête « diligente, indépendante, impartiale et transparente ».
C: N’Zérékoré : le drame du stade du 1er décembre 2024. Les familles attendent que « toute la lumière soit faite ».
28 septembre 2009 : après le jugement de première instance rendu en juillet 2024, le BL exige que l’indemnisation des victimes soit menée à terme « avec célérité, équité et transparence ».
Évoquant les récents accidents meurtriers sur la RN1 à Friguiagbé le 19 septembre et à Sangardo (Kissidougou) dans la nuit du 23 au 24 septembre, le président du BL a estimé que ces drames ne peuvent être une fatalité. Il a appelé à faire de la sécurité routière une véritable politique publique, avec le contrôle technique, la formation des conducteurs, l’entretien des routes et une meilleure prise en charge des victimes.
Sur le plan politique, le Bloc Libéral, qui a pris part aux élections législatives et communales du 31 mai 2026, plaide pour un apaisement national. Un apaisement qui, précise-t-il, ne signifie « ni l’oubli, ni l’impunité »
Il a appelé à un dialogue sincère, inclusif et structuré, et a suggéré, dans le strict respect de la Constitution, d’envisager des mesures d’apaisement pour les personnes détenues dans des affaires à connotation politique : grâce pour les condamnés définitifs et liberté provisoire pour les prévenus lorsque les conditions légales sont réunies.
Abordant le volet économique, le BL a salué les perspectives ouvertes par le programme Simandou 2040, consacré par la loi du 5 mars 2026. Il a toutefois averti que « les ressources naturelles ne produisent pas automatiquement le développement ». Pour le parti, la réussite se mesurera en emplois pour les jeunes, en transformation locale des matières premières et en réduction des inégalités territoriales.
En conclusion, le Bloc Libéral a soumis au Président de la République quatre priorités :
1. Renforcer les institutions et ouvrir un dialogue politique véritablement inclusif ;
2. Faire toute la lumière sur les disparitions et accélérer l’indemnisation des victimes du 28 septembre 2009 ;
3. Faire de la sécurité routière une priorité et renforcer la sécurité des personnes ;
4. Garantir la transparence autour des grands projets et investir dans la jeunesse et la décentralisation « Notre indépendance ne doit pas rester une date sur le calendrier. Elle doit être un projet permanent », a conclu le président du BL, appelant à une Guinée où « nul n’a peur de ses opinions » et où « l’opposition n’est pas l’ennemie de la République ».
Aliou Maci pour Walpmedia.info






