À l’occasion du 68ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, l’ancien président Alpha Condé a diffusé une adresse à la Nation. Un discours à forte charge politique dans lequel il défend la décennie de son pouvoir et interpelle les autorités actuelles sur l’état de la gouvernance.
Dans un message rendu public à l’occasion du 2 octobre 2026, l’ancien chef de l’État, Alpha Condé, est revenu sur la signification de l’indépendance guinéenne acquise le 2 octobre 1958.
Pour lui, cette date historique « ne doit appartenir ni à une génération, ni à un parti ». Être indépendant, écrit-il, c’est « pouvoir choisir librement ses dirigeants, les contester et les remplacer pacifiquement » et « pouvoir parler, écrire, enquêter et manifester sans craindre pour sa liberté »
L’ancien président consacre une large partie de son adresse à la défense de son bilan. Il rappelle qu’en arrivant au pouvoir fin 2010, il a trouvé un pays en instabilité avec des équilibres macroéconomiques rompus.
Il revendique plusieurs acquis majeurs : l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE ayant permis un allégement de dette de 2,1 milliards de dollars, la construction des barrages de Kaléta et Souapiti, le nouveau Code minier de 2011 et le lancement des négociations sur Simandou avec le projet de port en eau profonde de Moribaya.
Sur le plan économique, il cite une croissance de 7,1% maintenue en 2020 malgré la Covid-19 et un recul de la pauvreté monétaire de 48,5% en 2014 à 43,7% en 2018, selon les chiffres de la Banque mondiale.
Non sans reconnaître les failles de sa gouvernance, il admet : « La Guinée de 2011 à 2021 a aussi connu des manifestations meurtrières, des arrestations et des tensions politiques ». Il dit s’incliner « devant la mémoire de toutes les victimes de ces épisodes sombres ».
Le ton se durcit lorsque l’ancien président évoque le 5 septembre 2021, qu’il qualifie de coup d’État ayant « freiné l’élan de développement ».
Cinq ans après, Alpha Condé juge que les engagements pris n’ont pas été tenus. Il évoque des rapports d’organisations internationales faisant état de restriction de l’espace civique, d’arrestations de journalistes et d’opposants, et de fermeture de médias. Il revient également sur la dissolution de partis politiques.
Sur le dossier minier, il met en garde les autorités actuelles dirigées par le Président Mamadi Doumbouya : « À lui seul, Simandou ne peut développer la Guinée », estime-t-il, appelant à plus de transparence et à une transformation des ressources en emplois, écoles et hôpitaux.
Il conclut en appelant les Guinéens à « renforcer leur unité afin de restaurer l’ordre constitutionnel civil et démocratique » et à faire de l’indépendance un projet permanent, au service d’une République où « aucun citoyen n’est au-dessus de la loi » conclu le président
Walpmedia.info






