« Ce n’est pas nous qui avons augmenté les prix » : pénurie de bétail, conflits agriculteurs-éleveurs et importation depuis le Mali. La viande est devenue un luxe pour de nombreuses familles à Conakry comme à l’intérieur du pays. Ce lundi 26 octobre 2026, le kilogramme se négocie à 80 000 GNF dans plusieurs boucheries de la capitale visitées par notre rédaction. Mais pour les bouchers, la cause est ailleurs.

Face à cette flambée des prix, les clients se plaignent, les bouchers se défendent. Pour eux, la responsabilité ne se situe pas au niveau des étals, mais bien en amont de la chaîne.
« L’unique raison, c’est la rareté du cheptel »
Interrogé par notre rédaction derrière son étal, Boubacar Daye, boucher, ne mâche pas ses mots « L’unique raison de cette cherté, c’est la rareté du cheptel dans notre pays, due aux difficultés qui existent entre les agriculteurs et les éleveurs. Beaucoup d’éleveurs sont partis vers le Liberia, la Sierra Leone et d’autres vers la Côte d’Ivoire»,dit-il.

Conséquence directe de cet exode, selon lui, les commerçants guinéens sont désormais obligés de se ravitailler au Mali, à des coûts beaucoup plus élevés « Maintenant, les commerçants sont obligés de partir au Mali pour se procurer de la viande. Et là-bas, le coût est extrêmement cher puisque l’achat se fait en Franc CFA. »
Sur place, les plaintes des clients sont nombreuses. Mais pour Boubacar Daye, les consommateurs finissent par comprendre la réalité du terrain « Bien sûr, il y a des plaintes, mais nous sommes obligés d’accepter comme ça, puisqu’ils sont informés de ce qui se passe. Le prix initial était à 60 000 GNF, mais vu la situation, nous sommes obligés d’augmenter le prix. »
Pour le boucher, la solution est claire il faut investir dans l’élevage local au lieu de dépendre des pays voisins « La solution, c’est de soutenir les éleveurs. Sinon, le Mali n’est pas plus développé que nous en matière d’élevage, mais hélas, nous partons chez eux pour nous approvisionner. »
Il garde tout de même espoir d’une baisse prochaine des prix, si la situation économique s’améliore « Si le taux de change s’améliore et que la situation s’améliore, le prix va forcément chuter. On espère. »
En attendant, les familles de Conakry continuent de subir de plein fouet cette cherté, en espérant une réponse durable des autorités pour relancer l’élevage national.
Aliou Maci pour Walpmedia.info







