En moins d’une semaine, le Soudan et l’Éthiopie ont fermé leurs consulats frontaliers et expulsé leurs diplomates. Khartoum accuse Addis-Abeba d’avoir permis aux RSF de lancer des drones kamikazes depuis son territoire. Une crise qui fait craindre un conflit ouvert dans la Corne de l’Afrique.

La crise a éclaté dimanche 2 novembre 2026. Le Soudan a déposé une plainte devant le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine contre l’Éthiopie.
Le lendemain, Addis-Abeba a déclaré persona non grata les six employés du consulat soudanais d’Assosa, dans la région frontalière de Benishangul-Gumuz, et leur a donné 48 heures pour quitter le pays.
En réponse, Khartoum a fermé mercredi le consulat éthiopien de Gedaref, dans l’est du Soudan, et a expulsé ses diplomates dans le même délai.
Le Soudan avance des chiffres précis dans son rapport. Selon Khartoum, 70 attaques ont été menées depuis le territoire éthiopien en 2026, dont 187 drones kamikazes lancés contre des infrastructures civiles.
Le bilan avancé est lourd : près de 500 civils tués et blessés. Les cibles visées seraient des centrales électriques, des stations d’eau, des hôpitaux et des écoles.
Le 31 octobre, à Port-Soudan, le vice-ministre soudanais des Affaires étrangères, Muawiya Osman Khalid, avait déjà accusé l’Éthiopie d’avoir transformé la base d’Assosa en centre d’approvisionnement des Forces de soutien rapide (RSF) en armes et en combattants étrangers.
Dimanche, des frappes de drones ont visé les sous-stations électriques d’Al-Dabba et d’Abu Hamad, dans le nord du Soudan, provoquant d’importantes coupures d’électricité.
L’Éthiopie rejette catégoriquement ces accusations. Addis-Abeba affirme qu’aucun drone n’est parti de son territoire et qu’elle ne soutient pas les RSF.
En retour, le gouvernement éthiopien accuse le Soudan, l’Égypte et l’Érythrée de soutenir les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui ont repris les armes dans le nord de l’Éthiopie.
La guerre au Soudan oppose depuis avril 2023 l’armée régulière aux RSF. Elle a déjà fait des dizaines de milliers de morts et plus de 14 millions de déplacés, selon l’ONU. C’est l’une des plus graves crises humanitaires au monde.
Dans la seule région du Nil Bleu, l’offensive des RSF vers Al-Damazin a déjà déplacé environ 100 000 personnes cette année.
Les observateurs craignent que les deux conflits, soudanais et éthiopien, ne se rejoignent et ne provoquent une guerre régionale. L’Éthiopie est déjà en crise ouverte avec l’Érythrée et l’Égypte, avec qui elle a aussi échangé des expulsions de diplomates ces dernières semaines.
Pour l’heure, Khartoum assure vouloir éviter une confrontation directe, mais n’exclut pas de rappeler son ambassadeur à Addis-Abeba.
Walpmedia.info







