walpmedia
mardi, février 10, 2026
  • Accueil
  • La Une
  • Santé
  • Justice
  • Actualités
  • Politique
  • Economie
  • Culture
  • Opinion
  • Société
No Result
View All Result
walpmedia-info
Home Opinion

Femmes et pouvoir politique en Afrique :de la Charte de Kurukan Fuga  aux défis de la gouvernance contemporaine.

Aliou Maci by Aliou Maci
10/02/2026
in Opinion
0
Femmes et pouvoir politique en Afrique :de la Charte de Kurukan Fuga   aux défis de la gouvernance contemporaine.
0
VIEWS
Partager sur FacebookTwitter

L’intégration des femmes dans les sphères de décision politique est aujourd’hui 

communément présentée comme un indicateur de modernité institutionnelle, de 

À lire aussi

Corruption d’agent public, Alphonse Charles Wright serait-il au-dessus des lois guinéennes? Par Alseny Farinta CAMARA.   

Corruption d’agent public, Alphonse Charles Wright serait-il au-dessus des lois guinéennes? Par Alseny Farinta CAMARA.  

09/02/2026
Diversité ethnique et composition gouvernementale en Guinée lecture politique d’un débat sensible par (Alpha Camara)   

Diversité ethnique et composition gouvernementale en Guinée lecture politique d’un débat sensible par (Alpha Camara)  

05/02/2026

progrès démocratique et de bonne gouvernance. En Guinée comme dans de 

nombreux États africains, chaque nomination féminine au sein d’un gouvernement 

alimente débats publics et lectures contrastées : tantôt célébrée comme une avancée 

majeure, tantôt perçue comme symbolique, insuffisante ou instrumentalisée. Cette 

perception, largement influencée par les cadres normatifs internationaux, mérite 

cependant d’être interrogée à partir des référents historiques et politiques propres 

aux sociétés africaines. 

C’est dans cette perspective qu’un travail universitaire consacré à la Charte de 

Kurukan Fuga, proclamée en 1236 après la victoire de Kirina sous l’autorité de 

Soundiata Keïta, fondateur de l’Empire du Mali, offre un éclairage particulièrement 

fécond. Longtemps transmise par voie orale par les griots avant d’être partiellement 

mise par écrit, cette Charte – reconnue par l’UNESCO comme patrimoine culturel 

immatériel de l’humanité – est souvent convoquée pour sa dimension mémorielle. 

Pourtant, elle constitue bien davantage qu’un héritage symbolique : elle pose les 

bases d’un véritable système de gouvernance, structurant les rapports sociaux, 

politiques et institutionnels. 

Contrairement à l’idée selon laquelle il s’agirait d’un simple code moral, la Charte de 

Kurukan Fuga établit des règles normatives contraignantes. Elle organise la société 

autour de principes de responsabilité collective, de justice, de solidarité, de respect 

de la vie humaine, de protection de l’environnement et d’équilibre dans l’exercice du 

pouvoir. Elle traduit ainsi une conception politique fondée sur la complémentarité 

des rôles sociaux et la cohésion communautaire. 

Dans ce corpus, l’article 16 occupe une place centrale dans la réflexion sur la 

participation politique des femmes : 

« En plus de leurs occupations quotidiennes, les femmes doivent être associées à 

tous nos gouvernements. » 

L’énoncé est sans équivoque. Le terme doivent renvoie à une obligation politique 

 

claire, et non à une simple recommandation éthique. Quant à l’expression tous nos 

gouvernements, elle suggère une participation systématique et transversale des 

femmes aux instances de décision, indépendamment des niveaux de pouvoir. Dès le 

XIIIᵉ siècle, la femme est ainsi reconnue comme une actrice légitime de la 

gouvernance. 

Cette reconnaissance s’inscrit dans une logique globale de la Charte. Plusieurs 

dispositions affirment explicitement la protection de la dignité et de l’intégrité 

physique et morale des femmes (notamment les articles 14 et 15), tandis que d’autres 

les intègrent pleinement dans l’organisation sociale et les mécanismes de régulation 

collective (articles 1, 4 et 21). La femme n’y apparaît pas seulement comme un sujet à 

protéger, mais comme un pilier essentiel de l’équilibre social et politique. 

Il importe toutefois d’adopter une posture analytique nuancée. Comme tout texte 

fondateur, la Charte de Kurukan Fuga énonce des principes normatifs dont 

l’application a pu varier selon les contextes historiques, les territoires et les rapports 

de force locaux. Distinguer la norme de la pratique permet d’éviter une idéalisation 

du passé précolonial, tout en reconnaissant la portée politique réelle de ce cadre 

juridique ancien. 

L’histoire africaine regorge néanmoins d’exemples attestant d’une participation 

effective des femmes au pouvoir : reines-mères, conseillères politiques, cheffes 

militaires ou figures d’autorité morale. En Afrique de l’Ouest, des figures 

emblématiques comme Nana Yaa Asantewaa chez les Ashanti, ou le rôle central 

des femmes dans les conseils traditionnels et les dispositifs de médiation, confirment 

que l’engagement politique féminin n’est ni marginal ni récent. 

Dès lors, une interrogation s’impose : pourquoi la participation des femmes au 

pouvoir est-elle aujourd’hui présentée comme une conquête moderne, parfois perçue 

comme exogène, alors qu’elle constituait historiquement un principe structurant de 

la gouvernance africaine ? Cette dissonance s’explique en grande partie par la 

rupture introduite par la colonisation et consolidée par l’État postcolonial, qui ont 

marginalisé ou reconfiguré les formes traditionnelles de participation politique, 

notamment celles des femmes. 

 

En Guinée, cette rupture transparaît dans la manière dont les politiques d’inclusion 

féminine sont formulées et mises en récit. Elles sont souvent présentées comme un 

effort de rattrapage ou de conformité aux engagements internationaux, plutôt que 

comme la continuité d’un héritage politique endogène. Sur le plan de la 

communication publique, cette approche peut affaiblir leur légitimité sociale, en les 

faisant apparaître comme des injonctions extérieures. 

Réconcilier la gouvernance contemporaine avec l’histoire politique africaine suppose 

ainsi un travail de recontextualisation symbolique et narrative. L’association des 

femmes au pouvoir ne devrait ni relever d’une concession ponctuelle ni d’une 

stratégie d’affichage, mais s’inscrire dans une vision cohérente de l’État, enracinée 

dans ses fondements historiques et tournée vers l’avenir. La modernité politique ne 

se mesure pas uniquement à l’adoption de standards internationaux, mais aussi à la 

capacité à reconnaître, actualiser et valoriser ses propres références normatives. 

En définitive, l’enjeu n’est pas d’opposer tradition et modernité. L’histoire politique 

africaine montre que l’inclusion des femmes dans la gouvernance est à la fois 

ancienne par ses racines et contemporaine par ses défis. Le véritable défi des États 

actuels réside dans leur aptitude à transformer cet héritage en pratiques politiques 

effectives, crédibles et durables, au service d’une société plus juste, équilibrée et 

inclusive. 

 

 

Par Alpha Camara 

Diplômé en communication d’entreprise, Masterant en communication publique et 

politique

Tags: :de la Charte de Kurukan Fugaaux défis de la gouvernancecontemporaine.Femmes et pouvoirpolitique en Afrique
Previous Post

Toumba Diakité extrait de la Maison centrale : le parquet apporte des précisions (communiqué)

Next Post

Extraction présumée de Toumba Diakité : les avocats dénoncent un manque d’information

Aliou Maci

Aliou Maci

Next Post
Extraction présumée de Toumba Diakité : les avocats dénoncent un manque d’information

Extraction présumée de Toumba Diakité : les avocats dénoncent un manque d’information

NOUS VOUS RECCOMMANDONS EGALEMENT

Siguiri : un jeune orpailleur décède en tentant d’escalader un mur à Tomboko.

Siguiri : un jeune orpailleur décède en tentant d’escalader un mur à Tomboko.

9 mois ago
Kindia : Un nourrisson enlevé à Damakania pendant que sa mère faisait la lessive.

Kindia : Un nourrisson enlevé à Damakania pendant que sa mère faisait la lessive.

8 mois ago
Kissosso: Un grave accident sur le pont, plusieurs dégâts matériels enregistrés 

Kissosso: Un grave accident sur le pont, plusieurs dégâts matériels enregistrés 

1 an ago
𝗠𝗣𝗧𝗘𝗡 | 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝗶𝗽𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗱𝗮𝗺𝗲 𝗥𝗼𝘀𝗲 𝗣𝗼𝗹𝗮 𝗣𝗿𝗶𝗰𝗲𝗺𝗼𝘂 𝗮𝘂 𝗦𝗼𝗺𝗺𝗲𝘁 𝗥é𝗴𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗧𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗡𝘂𝗺é𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲

𝗠𝗣𝗧𝗘𝗡 | 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝗶𝗽𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗱𝗮𝗺𝗲 𝗥𝗼𝘀𝗲 𝗣𝗼𝗹𝗮 𝗣𝗿𝗶𝗰𝗲𝗺𝗼𝘂 𝗮𝘂 𝗦𝗼𝗺𝗺𝗲𝘁 𝗥é𝗴𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗧𝗿𝗮𝗻𝘀𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗡𝘂𝗺é𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲

3 mois ago

FOLLOW US

BROWSE BY CATEGORIES

  • A la une
  • Actualités
  • Afrique
  • Communiqué
  • Culture
  • Economie
  • Éducation
  • Justice
  • Mines
  • Opinion
  • Politique
  • Religion
  • Santé
  • Société
  • Sport
  • Tribune
  • Uncategorized

PARCOURIR PAR THÈMES

(Communiqué) (Par Kalil Camara 2018 League : Algassimou Diallo : La Direction Générale des Élections Cellou Dalein Diallo de de Faya Millimono de la présidentielle de l’indépendance de Mamadi Doumbouya. des précisions Dixinn du 28 Décembre 2025 du Commerce Déclaration en Guinée Fête grièvement Guinée Juriste) Kankan la Lutte contre l’insalubrité Mamadi Doumbouya. N’Zérékoré officiellement pour présidentielle Présidentielle 2025 Présidentielle du 28 décembre Présidentielle en Guinée rejoint le gouvernement sa Santé Tougué une Élection présidentielle Élections en Guinée à Mamadi Doumbouya. 𝐂𝐨𝐧𝐚𝐤𝐫𝐲 𝐃𝐄𝐒 É𝐋𝐄𝐂𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐋𝐄 𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓𝐑𝐄 𝗜𝗻𝗱𝘂𝘀𝘁𝗿𝗶𝗲 - 𝗣𝗠𝗘 𝗟𝗲 𝗣𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿 𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲

TOP 5 DE NOS ARTICLES

    walpmedia

    © 2024 walpmedia.info - Tous droits réservés.

    Navigate Site

    • À propos de nous
    • Nous contacter

    Follow Us

    No Result
    View All Result
    • Accueil
    • La Une
    • Santé
    • Justice
    • Actualités
    • Politique
    • Economie
    • Culture
    • Opinion
    • Société

    © 2024 walpmedia.info - Tous droits réservés.

    Ce site web utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site web, vous consentez à l'utilisation de cookies. Consultez notre Politique de confidentialité et de cookies.