Lors d’un entretien accordé à Kaback TV, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie de manque d’honnêteté et d’ingratitude de certains journalistes, bénéficiaires, selon lui, de l’intervention directe de l’institution qu’il dirige.
« Je regrette que lorsque nous réglons les problèmes des journalistes, ils ne communiquent pas », a-t-il déclaré, visiblement amer face aux critiques récurrentes visant la HAC, souvent présentée comme un organe répressif.
Pour étayer ses propos, Boubacar Yacine Diallo est revenu sur un incident survenu à Manéah, dans la préfecture de Coyah. Un journaliste avait été interpellé après s’être rendu dans une zone formellement interdite, à la suite d’un éboulement. Alerté tard dans la soirée, le président de la HAC affirme s’être immédiatement mobilisé.
« Il était environ 22 heures lorsque j’ai été informé. J’ai contacté le directeur de la DIRPA, Toumani, qui n’a pas dormi de la nuit, négociant sa libération jusqu’à une heure avancée. À 6 heures du matin, il m’a rappelé pour me mettre en contact avec le commandant de la gendarmerie, très coopératif, tout comme le procureur », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette médiation a permis la libération rapide du journaliste. Pourtant, dans la journée, le syndicat de la presse aurait revendiqué seul cette initiative, sans que le principal intéressé ne rectifie publiquement les faits. « Le journaliste n’a pas eu l’honnêteté de dire la vérité. Je lui ai même envoyé de l’argent pour qu’il puisse déjeuner », a-t-il regretté.
Le président de la HAC a également évoqué un second cas, impliquant un journaliste interpellé pour diffamation et placé à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ). Là encore, il affirme être intervenu personnellement.
« Je suis allé le sortir de l’endroit où il avait passé la nuit avec des malfrats. Je l’ai conduit dans le bureau du directeur de la DPJ, qui a fait preuve de compréhension, et nous l’avons libéré », raconte-t-il.
Mais à peine rentré chez lui, le journaliste aurait publié un message célébrant sa liberté, sans mentionner l’intervention de la HAC. « Et pourtant, je lui ai aussi payé le petit déjeuner », ajoute-t-il.
Boubacar Yacine Diallo précise ne rechercher aucune reconnaissance personnelle, mais estime nécessaire de rétablir la vérité, dans un climat où l’institution qu’il dirige est régulièrement accusée d’atteintes à la liberté de la presse.
« On nous présente comme des oppresseurs, alors que nous réglons leurs problèmes au quotidien », a-t-il insisté, évoquant un autre cas où l’intervention de la HAC aurait été attribuée à un membre du gouvernement. « Ils n’ont pas le courage de dire que nous étions là, que nous avons fait le nécessaire », a-t-il conclu.
Par cette sortie médiatique rare, le président de la HAC entend visiblement interpeller la corporation journalistique sur la responsabilité, la transparence et l’honnêteté dans le traitement de l’information, y compris lorsqu’elle concerne ses propres acteurs.
Raydia pour Walpmedia.info







