Décédée dans la soirée du mercredi 8 juillet au Maroc, Hadja Andrée Touré, épouse de l’ancien président Ahmed Sékou Touré, continue de susciter une vive émotion en Guinée. Depuis l’annonce de son décès, son domicile ne désemplit pas. Autorités en exercice, anciens responsables de l’État, proches et anonymes s’y succèdent pour présenter leurs condoléances à la famille et rendre hommage à celle qui fut la Première dame de la République.
Présent sur les lieux, le Premier ministre Amadou Oury Bah a salué la mémoire d’une femme qui aura marqué l’histoire du pays « On ne peut jamais se réjouir de la disparition d’une personne. En revanche, nous pouvons nous réjouir que Madame Andrée Touré ait vécu assez longtemps pour voir un jeune État, né dans des conditions difficiles, devenir aujourd’hui un pays plus stable, engagé sur la voie du progrès et de la réconciliation nationale. C’est une chance. Les rêves de son illustre époux sont en train de prendre forme à travers l’émergence d’une nation prospère, stable et unie. Ce moment doit inviter chaque Guinéen à relire notre histoire, à approfondir le processus de réconciliation et de pardon afin de construire l’avenir », a déclaré le chef du gouvernement.
Même émotion du côté de Madifing Diané, ancien dignitaire du régime Alpha Condé qui dit avoir connu le couple bien avant l’indépendance de la Guinée « Je rends grâce à Dieu de m’avoir donné l’occasion de rencontrer ce couple en 1953-1954, lors du mariage de Sékou Touré et d’Andrée Touré à la Grande Mosquée de Kankan. À cette époque, Sékou Touré n’était encore qu’un syndicaliste. Quelques années plus tard, la Guinée accédait à l’indépendance et il devenait président de la République, tandis qu’Andrée Touré assumait le rôle de Première dame », a-t-il rappelé.
Poursuivant son témoignage, Madifing Diané a décrit une femme simple, proche des populations et engagée dans les actions sociales « Pour moi, elle est la mère de la Guinée. Je n’ai pas seulement vu une Première dame, mais une épouse dévouée, accomplissant les tâches ménagères comme toutes les autres femmes. Je l’ai vue s’occuper de son foyer, élever des orphelins et consacrer une grande partie de son énergie à l’accompagnement des personnes les plus vulnérables, notamment des jeunes filles et des femmes en difficulté. Les centres de formation qui portaient son nom étaient présents dans plusieurs fédérations du pays. Elle a également initié le projet « Les Jardins de Guinée », destiné à accueillir les jeunes mères en détresse ainsi que leurs enfants, afin de leur offrir un meilleur accompagnement », a-t-il souligné.
Aliou Maci pour Walpmedia.info







