Une affaire de diffamation était inscrite au rôle du tribunal de première instance de Dubréka ce mercredi 22 avril 2026.
Louis Pasco Camara, enseignant de profession, est poursuivi par l’ancien vice-président de la délégation spéciale de Kagbelen, ainsi que par un autre membre de ladite délégation, pour diffamation par le biais d’un système informatique, notamment le réseau social Facebook.
À la barre, le prévenu a catégoriquement rejeté les faits qui lui sont reprochés. S’il reconnaît avoir été présent le jour de la finale au cours de laquelle les images évoquées par la partie civile ont été prises, il nie en être l’auteur de la diffusion «Un agent est venu me trouver chez moi, au cyber, pour me demander si j’étais bien Louis Pasco Camara. La question m’a été posée à deux reprises avant que je ne confirme mon identité. Il m’a ensuite remis une enveloppe contenant une convocation. À la gendarmerie, il m’a été reproché d’avoir tenu des propos diffamatoires à l’encontre du vice-président de la délégation spéciale à travers une vidéo montée et publiée sur les réseaux sociaux. Cette vidéo n’a jamais été publiée sur mes comptes et je ne l’ai pas réalisée. Certes, j’ai revendiqué certains droits, mais mes propos n’étaient pas diffamatoires. Des slogans comme “À bas la délégation spéciale” ont été prononcés, mais, à mon sens, il s’agit d’une dénonciation et non de diffamation » a-t-il déclaré.
De son côté Ibrahima Sory Diallo, a apporté sa version des faits « Nous avons organisé un tournoi réunissant 16 équipes. Avant la finale, nous avons sensibilisé les équipes finalistes afin de promouvoir la paix et la quiétude sociale. Vers 17 heures, M. Louis Pasco Camara est venu prendre des photos et des vidéos de nos banderoles, accompagné de plusieurs personnes. Quelques semaines après la finale, nous avons retrouvé ces images sur les réseaux sociaux. J’ai alors contacté son grand frère pour signaler que ces contenus avaient été utilisés sans autorisation. Nous avons tenté un règlement à l’amiable, mais sans succès. Ces images ont également été publiées sur plusieurs sites, dont nous ignorons les administrateurs » a-t-il expliqué.

À la sortie de l’audience, l’avocat de la défense, Maître Saliou Beavogui, a indiqué «Les débats ont eu lieu et mon client a systématiquement rejeté les faits. Il appartient désormais à chaque partie d’apporter des preuves. Nous avons produit des vidéos, des clés USB et des images, ainsi qu’un communiqué que nous n’avions pas en notre possession auparavant. Mon client a été déféré et placé sous mandat de dépôt seulement hier. J’ai également sollicité sa mise en liberté. Le parquet a pris ses responsabilités et le tribunal a dit le droit, en demandant à toutes les parties de respecter la loi et les institutions de la République»a-t-il souligné
L’affaire a été renvoyée au 6 mai prochain pour la présentation des pièces justificatives, notamment les vidéos et images.
En attendant, le prévenu a été remis en liberté. Une amende de deux millions de francs guinéens a été prononcée par le président du tribunal, Dieu Donné Haba
Aliou Maci pour Walpmedia.info





