Après neuf éditions marquées par un succès grandissant, malgré quelques difficultés d’organisation, le Festival des Arts et du Rire de Labé (FAR) se prépare à franchir un nouveau cap. La 10ᵉ édition de ce rendez-vous culturel majeur est annoncée du 28 mars au 4 avril 2027, dans la cité de Karamoko Alpha, autour du thème « Maturité ».
À l’occasion d’une interview accordée à la presse ce mercredi 3 septembre, le commissaire général du FAR est revenu sur les enjeux de cette édition anniversaire, la place du festival dans la promotion des jeunes talents, mais aussi sur la nécessité d’un accompagnement plus important des partenaires et des pouvoirs publics.
Pour le commissaire général, la pérennité d’un événement culturel de cette envergure passe nécessairement par un accompagnement institutionnel et privé «Pour que le festival marche, il faut du soutien et de l’accompagnement. Il faut forcément le dire haut et fort. Après deux éditions, il est possible que nous quittions l’organisation et que d’autres personnes prennent la relève. C’est aussi cela, la vie. Mais nous souhaitons que le ministère soit à nos côtés afin qu’après notre départ, il puisse continuer à travailler avec les jeunes qui prendront la relève. »dit Mamadou Thug
Au-delà du spectacle, le FAR se veut également une plateforme de découverte et d’accompagnement des jeunes artistes. Mamadou Lamine Diallo rappelle que plusieurs talents ont bénéficié de la visibilité offerte par le festival et ont depuis franchi de nouvelles étapes dans leur carrière.
« Labé est une plaque tournante de la culture. C’est aussi l’un des rares festivals qui se tient en dehors de Conakry. Nous voulons donc continuer à aller dans le bon sens. Nous avons toujours bénéficié de l’accueil chaleureux des populations de Labé, ce qui nous encourage. »dit Honorable Mamadou Thug

Parmi les artistes accompagnés, il cite notamment Satina, lauréat du prix Sow Bailo, ainsi que Mari Sam, appelée à se produire prochainement sur une scène au Burkina Faso et qui ambitionne également de décrocher le prix Sow Bailo.
Le festival a également contribué à la mise en lumière de plusieurs jeunes slameurs à travers le prix Thierno Samba Mombeya, certains ayant ensuite participé à des concours nationaux et internationaux «C’est une véritable fierté pour nous », souligne le commissaire général.
Si le FAR a réussi à s’inscrire durablement dans l’agenda culturel guinéen, ses organisateurs reconnaissent que les moyens restent limités. Le commissaire général en profite pour remercier les partenaires qui accompagnent l’événement depuis plusieurs années, tout en lançant un nouvel appel à la mobilisation.
« Nos partenaires occupent une place importante dans nos activités, même s’ils sont rares. C’est donc le lieu pour moi de dire merci à ceux qui sont là depuis toujours, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales. Pour le bonheur des festivaliers et la réussite du festival, nous avons besoin de leur soutien. »dit-il
Il rappelle également l’importance des médias dans la promotion du festival, à travers une communication qui, selon lui, repose depuis plusieurs années sur deux volets : la visibilité de l’événement et la valorisation de ses partenaires.
Pour cette 10ᵉ édition, placée sous le signe de la « Maturité », le commissaire général souhaite une mobilisation plus large, notamment de la part des ressortissants de Labé et des autorités.
Selon lui, l’appui apporté par les ressortissants en 2017, n’a pas véritablement été renouvelé depuis.
« Chacun peut faire un peu. Ne serait-ce que donner sa maison pour loger des festivaliers, c’est déjà une façon d’aider. Personnellement, j’ai l’idée et la volonté de contribuer au développement de la culture, mais je n’ai pas les moyens financiers nécessaires. Nous demandons donc à nos parents de réfléchir à la manière dont ils peuvent nous accompagner » a-t-il lancé
Le commissaire général estime par ailleurs qu’un festival de cette ampleur génère des retombées économiques pour la ville et les autorités locales, ce qui devrait, selon lui, justifier un accompagnement accru de l’État.
« Un festival apporte naturellement des revenus aux autorités. C’est aussi à l’État de nous assister face aux dépenses»lance Mamadou Thug
À l’approche de cette édition symbolique, le commissaire général formule enfin un souhait : voir le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, aux côtés du festival pour célébrer cette décennie d’existence «Je souhaite humblement que le ministre Moussa Moïse vienne auprès de nous pour cette 10ᵉ édition, qui est une édition à fêter. Nous disons encore merci à tous ceux qui nous ont soutenus et qui continuent de croire en ce festival»a-t-il conclu
Pour cette édition anniversaire, la Côte d’Ivoire est annoncée comme pays invité d’honneur, tandis que la région de N’Zérékoré sera la région hôte.
Avec cette 10ᵉ édition, le Festival des Arts et du Rire de Labé entend ainsi célébrer une décennie de promotion culturelle, de découverte de talents et de rayonnement artistique au-delà de Conakry.
Aliou Maci, pour Walpmedia.info







