Un appel solennel en faveur de la libération des détenus politiques a été lancé par une autorité religieuse, à l’occasion d’une sortie publique après la prière du vendredi. L’initiative a eu lieu dans la commune de Lambanyi, en présence du directeur du directoire de campagne de ladite commune.

L’imam de la mosquée centrale de Kiroty, Aboubacar Fofana, a profité de cette occasion pour adresser une plaidoirie directe au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, également candidat à sa propre succession. Dans son intervention, l’imam a appelé le chef de l’État à faire preuve de clémence en accordant une grâce présidentielle aux personnes qu’il qualifie de détenus politiques, avant la tenue du scrutin présidentiel prévu le 28 décembre.
S’exprimant au nom du collège des imams et, selon ses propos, au nom de la Guinée tout entière, l’imam Aboubacar Fofana a souligné que plusieurs détenus seraient innocents et que leur incarcération a de lourdes conséquences sociales et familiales « Certains ont des enfants qui ont besoin de leur père, des femmes qui attendent leur mari. D’autres sont nos frères », a-t-il déclaré.
Il a également invité le président à ne pas considérer l’ensemble des détenus comme des adversaires politiques, insistant sur le fait que de nombreux proches de ces prisonniers soutiennent activement sa candidature « Nous vous considérons comme notre candidat, même si vous ne nous donnez rien », a-t-il affirmé, tout en rejetant l’idée selon laquelle la libération des détenus politiques pourrait fragiliser le pouvoir en place.
Dans son message, l’imam a par ailleurs dénoncé ce qu’il décrit comme des tentatives de récupération de la situation par certaines personnes cherchant à régler des comptes personnels. Il a rappelé que le président avait déjà fait preuve de pardon envers des individus qui l’avaient publiquement critiqué, notamment sur les réseaux sociaux, et l’a exhorté à étendre cet esprit de clémence aux prisonniers politiques.
L’imam Aboubacar Fofana a conclu son intervention en renouvelant son appel à une grâce présidentielle avant le 28 décembre, estimant que ce geste contribuerait à l’apaisement du climat politique et socia« Nous avons vraiment besoin de votre clémence », a-t-il insisté.
Aliou Maci pour Walpmedia.info







