Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées ces dernières années, des milliers de jeunes filles guinéennes continuent de faire face à d’énormes difficultés pour accéder à l’école ou poursuivre leurs études. Entre pauvreté, pressions sociales et manque de moyens, la scolarisation des filles demeure un défi majeur pour la société guinéenne.
Dans plusieurs localités du pays, aller à l’école n’est pas toujours une évidence pour une jeune fille. Derrière les salles de classe se cachent souvent des sacrifices, des privations et parfois des rêves brisés. Pour certaines familles, assurer les frais de scolarité, acheter les fournitures ou payer le transport relève d’un véritable parcours du combattant.
C’est le cas de Fanta Traoré, élève en terminale, qui a failli abandonner ses études à plusieurs reprises. Avec émotion, elle revient sur les difficultés qui ont marqué son parcours scolaire. 
« Quand mes parents n’arrivaient pas à payer ma scolarité et que je manquais même de nourriture, j’ai voulu abandonner les études. C’était très difficile », confie-t-elle.
Malgré ces obstacles, la jeune fille refuse de renoncer à son rêve. Pour elle, l’éducation des filles représente bien plus qu’une réussite individuelle : c’est un moteur de développement pour toute une nation.
« Aujourd’hui, quand une fille étudie, c’est toute la nation qui gagne. Une fille instruite peut devenir indépendante, aider sa famille, occuper de hautes fonctions et contribuer au développement de son pays », affirme-t-elle avec conviction.

Le constat est également partagé par de nombreux parents. Conscients de l’importance de l’éducation, ils se retrouvent cependant confrontés à une réalité économique difficile. Alice Tolno, infirmière et mère de famille, reconnaît les bienfaits de la scolarisation des filles, tout en dénonçant le poids de la précarité.
« C’est important de scolariser une fille, parce qu’elle devient instruite, responsable et peut réussir dans la vie », explique-t-elle.
Mais derrière cette volonté se cache une lutte quotidienne pour subvenir aux besoins scolaires des enfants.
« Les frais de scolarité, les fournitures et le transport coûtent cher. Je n’ai pas les moyens de supporter toutes ces dépenses, surtout que mon mari ne travaille pas », regrette-t-elle.
Face à cette situation préoccupante, les enseignants appellent à des actions concrètes afin de limiter l’abandon scolaire des jeunes filles. Joseph Komano, professeur de géographie, estime que la sensibilisation seule ne suffit plus.
« Il faut multiplier les actions pour réduire l’abandon scolaire des jeunes filles. Les conférences de sensibilisation doivent être accompagnées de mesures concrètes pour expliquer et soutenir l’importance de leur scolarisation », plaide-t-il.
Au-delà des discours, la question de l’éducation des filles reste étroitement liée aux réalités sociales et économiques du pays. Beaucoup d’élèves talentueuses voient encore leurs ambitions freinées par le manque de moyens, les mariages précoces ou encore certaines pesanteurs socioculturelles.
Pourtant, investir dans l’éducation des filles constitue un enjeu essentiel pour l’avenir de la Guinée. Donner les mêmes chances de réussite à chaque enfant, sans distinction de sexe, n’est pas seulement une question d’équité sociale ; c’est aussi une condition indispensable au développement durable du pays.
Aujourd’hui, l’appel est lancé aux parents, aux autorités, aux enseignants et à la société civile : unir les efforts pour garantir à chaque jeune fille le droit d’apprendre, de réussir et de construire son avenir.
Madeleine Tolno pour Walpmedia.info






