Tibou, il faut un culot hors norme, ou une absence totale de lucidité, pour s’ériger en
juge du débat national quand toute ta trajectoire respire la servilité, la duplicité et
l’errance intellectuelle. Tu oses parler de références, alors que personne, absolument
personne, n’a jamais identifié les tiennes ? Ni ton parcours scolaire, que tu caches
comme une cicatrice, ni ta production intellectuelle, réduite à quelques pamphlets
alimentaires et à des titres de journaux dictés par la nécessité de plaire aux puissants,
n’inspirent de la reconnaissance et du respect. D’ailleurs, tu connais si mal la rigueur
que tu te contentes de piller les citations des autres, en espérant que la fumée couvre
ton vide intérieur.
Tout le monde voit la ficelle. Tu n’es pas un analyste, ni un intellectuel, ni même un
journaliste. Tu es un plagiaire maladroit, un commentateur opportuniste, un parasite
de la scène politique. Rappelons-le, puisqu’il semble que ta mémoire soit sélective : tu
as été enfermé quelques mois dans un hôtel, nourri et logé par l’État, pour enfanter ce
panégyrique indécent : « Lansana Conté, ma politique », un torchon que même les
courtisans avaient du mal à avaler. Mais il t’a ouvert les portes du pouvoir, et c’était
tout ce qui comptait pour toi.
Conté disparu, tu as ramassé ta besace de louanges et de pique-assiettes pour aller
la vendre ailleurs. : la parenthèse CNDD, puis Alpha Condé est arrivé. Tu t’es engouffré
dans son ombre. Tu l’as insulté quand tu croyais qu’il tomberait, puis flatté quand il t’a
laissé t’approcher des lambris.
Toujours la même chorégraphie : cracher, ramper, se convertir. Tu l’as répétée sous
tous les régimes, comme un vieux disque rayé incapable de produire une autre
mélodie. Et voilà que tu recommences. Encore. Tu tentes d’approcher le pouvoir par
la calomnie, comme on secoue une vieille clé rouillée dans l’espoir qu’elle ouvrira
encore une porte.
Tibou, écoute ceci très attentivement : la clé est cassée. La porte est scellée. Et la
maison a changé de propriétaire. Tu t’acharnes à écrire des inepties contre un homme
qui n’a pas ta biographie tâchée d’intrigues, de cavales et de compromissions. Tu
t’imagines l’atteindre avec ta prose maladive ? Tu ne fais que révéler ton obsession,
ta frustration et ta solitude politique. Bah Oury ne descend pas dans les égouts pour
discuter avec ceux qui y ont élu domicile.
Tu veux attirer l’attention ? Tu veux redevenir quelqu’un ? Tu veux exister encore une
fois dans l’ombre d’un pouvoir ? Triste stratégie. Pathétique même. Car cette fois-ci,
tu as trouvé plus calme, plus digne et plus solide que toi. Tu n’obtiendras ni réaction,
ni colère, ni descente au niveau où tu patauges depuis trop longtemps.
Souviens-toi du mot que ton maître d’hier aimait souvent répéter : « La bave du
crapaud n’atteint jamais la blanche colombe»
Au bord de la lagune, les crapauds coassent sans cesse. A Naa-kiry, ce sont les
bâtisseurs qui font l’histoire, pas les charognards de la plume. Alors, range tes vieilles
ficelles, plie tes rancœurs et prends ton courage à deux mains pour regarder ta réalité
en face : tu n’es plus un acteur de la République. Tu n’es même plus un figurant. Tu
es devenu un écho : bruyant, mais creux.
Change de disque, Tibou. Ton époque est terminée. Définitivement.
Union des Démocrates pour la Renaissance de La Guinée (UDRG)







