À quelques semaines du double scrutin prévu en mai prochain, le FRONDEG, dirigé par Abdoulaye Yero Baldé, hausse le ton et brandit la menace d’un retrait pur et simple du processus électoral si les nombreuses irrégularités constatées ne sont pas corrigées.
Dans une déclaration ferme, le parti dénonce une série de dysfonctionnements graves ayant entaché la phase préparatoire des élections, mettant en cause la transparence et la crédibilité du processus.
Le FRONDEG affirme avoir régulièrement déposé des candidatures dans plusieurs circonscriptions électorales du pays, notamment à Tombolia, Sanoyah, Manéah, Matam, Ratoma, Kouriah, Lambanyi, Kankan, Siguiri, Kintinian, Boké, Sangaredi et Tamita (Boffa), entre autres. Pourtant, à la publication des listes provisoires, aucune de ces candidatures n’a été retenue à ce jour.
Le parti rappelle que, conformément à l’article 242 du Code électoral, tout rejet de candidature doit être motivé et notifié dans un délai de dix jours à compter du dépôt du dossier. Or, selon ses responsables, aucune notification n’a été faite dans les délais et aucun motif n’a été communiqué. Une situation que le FRONDEG qualifie de « violation manifeste des dispositions légales»,a-t-il
Plus préoccupant encore, le parti affirme disposer d’informations concordantes selon lesquelles certains démembrements de l’administration électorale auraient tenté, après publication des listes provisoires, de remettre des documents antidatés aux mandataires afin de justifier a posteriori les rejets. Une pratique dénoncée comme une tentative de régularisation irrégulière d’une procédure déjà viciée.
Sur le plan juridique, le FRONDEG souligne que le contentieux des candidatures, encadré par les articles 241 à 243 du Code électoral, suppose l’existence d’une décision régulièrement notifiée. En l’absence de cette formalité, les délais de recours ne peuvent courir, ce qui porte atteinte aux droits fondamentaux des candidats. Le parti indique avoir déjà saisi les juridictions compétentes.
Au-delà des candidatures, le FRONDEG dénonce également la fixation unilatérale des conditions financières d’accès au scrutin. Selon lui, les cautions électorales ont été déterminées sans concertation, en violation des articles 275 et 276 du Code électoral, qui exigent un processus délibératif impliquant une commission pluraliste.
Autre grief : le refus d’encaissement des cautions dans certaines circonscriptions par les services du Trésor public, invoquant un prétendu dépassement de délai. Une décision qui, selon le parti, prive les candidats de leur droit à la régularisation et porte atteinte à l’égalité entre concurrents.
Le FRONDEG pointe également une violation des règles relatives aux inéligibilités, notamment en ce qui concerne certaines hautes fonctions institutionnelles. Il y voit une atteinte grave au principe de légalité électorale et une rupture d’égalité entre les candidats, tout en s’interrogeant sur l’impartialité de l’administration électorale.
Face à l’accumulation de ces irrégularités, le parti estime qu’il ne s’agit plus d’incidents isolés, mais de dysfonctionnements structurels susceptibles d’altérer la sincérité du scrutin. « Une élection dont la phase préparatoire est entachée de violations répétées ne peut garantir l’expression libre de la volonté populaire » prévient-il.
Le FRONDEG appelle ainsi les autorités à rétablir la légalité, garantir l’égalité de traitement des candidats et assurer la transparence du processus électoral. À défaut, il se réserve le droit de se retirer du scrutin, une décision qui pourrait avoir des conséquences politiques majeures.
Tout en maintenant la pression, le parti appelle ses militants au calme, à la discipline et au respect des institutions, affirmant privilégier des moyens légaux et pacifiques pour faire valoir ses droits.
Aliou Maci pour Walpmedia.info







