Le procès impliquant plusieurs agentes de santé poursuivies pour non-assistance à une femme en travail s’est poursuivi ce mardi au Tribunal de première instance de Mamou, dans une atmosphère particulièrement tendue.
Au cœur des débats : les circonstances ayant entouré le refus de prise en charge d’une femme enceinte dans la sous-préfecture de Soyah.
À la barre, les prévenues ont fini par reconnaître les faits qui leur sont reprochés, tout en multipliant les demandes de pardon adressées au tribunal, à la famille de la victime et aux habitants de la localité.
Très émue, Maimouna Djiba Sow a livré une déclaration entre regrets et sanglots. Elle a reconnu avoir demandé à la patiente de rejoindre Mamou pour accoucher, expliquant qu’elle n’était pas en service au moment des faits et que son propre enfant était souffrant.
« Ce que j’ai fait n’est pas normal », a-t-elle admis devant le juge, avant de solliciter la clémence du tribunal et du parquet.
D’abord dans le déni, Cécile Balamou a finalement changé de position après l’audition de sa collègue. Revenue à la barre, elle a reconnu sa part de responsabilité dans cette affaire qui suscite une vive émotion dans la région.
Elle a expliqué qu’une femme était venue l’alerter au milieu de la nuit, sans toutefois préciser la gravité de la situation. N’étant pas de garde ce soir-là, elle affirme avoir orienté les accompagnants vers l’agente censée assurer la permanence.
De son côté, la cheffe du centre de santé, Maningbé Kandé, a évoqué un dysfonctionnement interne lié au manque de personnel. Selon elle, le tableau de garde n’avait pas été actualisé depuis plusieurs semaines, alors que l’établissement ne disposerait actuellement que de trois sages-femmes opérationnelles.
Après plusieurs heures de débats et le retrait de la plainte par la partie civile, le tribunal a décidé de renvoyer le dossier au 19 mai prochain pour le prononcé de la décision.
Molota Soumah pour Walpmedia.info







