Au port de Lambanyi, à Conakry, le fumage du poisson constitue la principale source de revenus de nombreuses femmes. Chaque jour, elles transforment le poisson fraîchement débarqué afin de le conserver avant sa commercialisation sur les marchés de la capitale et de l’intérieur du pays. Mais avec la saison des pluies, leur travail est devenu beaucoup plus difficile.

La hausse du prix du bois de chauffe, les conditions de travail précaires et le manque d’infrastructures compliquent fortement leur activité. À cela s’ajoutent les difficultés de conservation du poisson, qui entraînent des pertes et réduisent leurs revenus.

Fatoumata Soumah exerce ce métier depuis plusieurs décennies. Veuve et mère de huit enfants, elle affirme avoir bâti toute sa vie grâce à cette activité.
« Depuis le temps de Sékou Touré, j’ai commencé cette activité. Mon mari est mort, c’est grâce à ces poissons que je vis. J’ai huit enfants et c’est avec ce travail que je paie leur scolarité. Mais à chaque fois, on nous déplace. »
Les pêcheurs rencontrés sur le site dressent eux aussi un constat préoccupant. Selon l’un des capitaines, le manque de glace, de chambres froides et de filets complique les campagnes de pêche et affecte directement les femmes chargées de la transformation du poisson.
Malgré ces nombreuses contraintes, les fumeuses de poisson poursuivent leur activité avec détermination. Elles demandent aux autorités et à leurs partenaires de renforcer leur accompagnement à travers des infrastructures adaptées et un meilleur accès aux équipements indispensables.
Au port de Lambanyi, ces femmes continuent d’espérer que leurs préoccupations seront enfin prises en compte afin de préserver une activité qui fait vivre de nombreuses familles.
Aïssatou Kanté pour Walpmedia.info







