Deux ressortissantes sierra-léonaises ont comparu, ce jeudi, devant le tribunal de première instance de Siguiri, siégeant en audience criminelle, pour détention illicite de drogue.

Identifiées comme Jeanette Koumba N’Gegba et Aminata Mansarey, les prévenues sont en détention depuis 2024. À la barre, elles ont reconnu les faits tout en livrant des témoignages poignants sur les circonstances qui les auraient conduites à s’engager dans ce trafic.

Aminata Mansarey a relaté les faits à la cour «Nous étions assises dans un restaurant à Freetown lorsqu’un jeune homme s’est approché de nous avec un sac en plastique. Il nous a proposé une marchandise. En nous la montrant, il a précisé qu’il s’agissait de drogue»,a-t-elle expliqué.
Selon elle, une connaissance les aurait ensuite encouragées à se lancer dans cette activité, leur promettant des gains financiers susceptibles de leur permettre de démarrer un commerce« Elle nous a également parlé d’un contact au Ghana qui pouvait nous aider à écouler la marchandise »,a-t-elle ajouté.
Les deux femmes affirment avoir chacune investi dans l’achat de cinq plaquettes de cocaïne, à hauteur de 2 500 000 leones.
Après l’acquisition de la drogue, elles auraient été mises en relation avec un individu basé au Ghana, chargé de les orienter dans l’acheminement de la marchandise. Leur périple les a conduites de Freetown à Conakry, en passant par Pamalap, où elles ont passé la nuit chez une connaissance.
Mais leur voyage s’est arrêté à Kourémalé. Tentant d’éviter un poste de contrôle à l’aide de taxis-motos, elles ont été interceptées par un agent de sécurité « À quelques mètres du poste, nous avons négocié avec des conducteurs de motos pour contourner le contrôle. C’est à ce moment qu’un agent nous a interpellées. Lors de la fouille, ils ont découvert les dix plaquettes cinq sur moi et cinq sur ma compagne »a expliqué Aminata.
Si elle reconnaît les faits, Aminata Mansarey affirme toutefois ne pas connaître la nature exacte de la marchandise transportée. Elle a sollicité la clémence du tribunal, évoquant une situation familiale difficile «Je me suis engagée dans cette affaire pour subvenir aux besoins de ma famille. Je suis veuve, orpheline, et j’ai la charge de ma mère ainsi que de mes enfants scolarisés. Depuis notre arrestation en 2024, je n’ai aucune nouvelle d’eux » a-t-elle déclaré.
Sa coaccusée, Jeanette Koumba N’Gegba, a tenu des propos similaires. Divorcée et mère de deux enfants, elle affirme avoir été abandonnée par son mari «Je suis l’aînée de ma famille. Mon mari, de nationalité guinéenne, m’a laissée en Sierra Leone avec nos deux enfants. Je n’ai plus de ses nouvelles. J’ai agi dans l’espoir de subvenir aux besoins de ma famille » a-t-elle expliqué, avant de demander pardon à la justice.
L’affaire a été renvoyée au lundi 13 avril 2026 pour la suite des débats.
Ibrahima Condé Pour Walpmedia.info







