Longtemps perçu dans de nombreuses sociétés africaines comme un univers essentiellement masculin, voire comme une activité sans véritable perspective professionnelle, le cinéma guinéen connaît aujourd’hui une évolution marquée par une participation croissante des femmes.

C’est dans cette dynamique que l’Institut supérieur des arts Mory Kanté de Dubréka (ISAMK) a accueilli, ce samedi 27 juin 2026, une journée de plaidoyer et un panel de restitution consacrés au rôle de la création cinématographique et audiovisuelle dans l’émancipation des jeunes femmes.
Organisée par Phoenix Vision, lauréat du programme Accès Culture, financé par l’Institut français, cette rencontre a réuni étudiants, enseignants, professionnels du cinéma et anciens de l’institut autour d’un objectif commun : promouvoir l’accès des femmes aux métiers de la création audiovisuelle et valoriser leur contribution au développement culturel.

Prenant la parole à cette occasion, le président de Phoenix Vision, Oumar Kourouma, a expliqué les motivations de cette initiative « Ce projet de plaidoyer et de restitution, consacré au rôle de la création cinématographique dans le parcours des femmes créatrices, s’inscrit dans le cadre du programme Accès Culture. Nous œuvrons avec notre partenaire français « Usines de Films Amateurs »pour un meilleur accès à la culture en milieu scolaire, notamment pour les femmes qui sont parfois marginalisées par la société. Pourtant, malgré les obstacles, elles démontrent chaque jour leur talent, leur courage et leur capacité à créer. Notre ambition est de montrer comment le cinéma peut transformer leur parcours et contribuer à leur autonomisation », a-t-il déclaré.

De son côté, la scénariste M’mah Soumah, l’une des panelistes, a insisté sur l’importance pour les femmes de raconter elles-mêmes leurs réalités à travers le cinéma « Le cinéma et l’audiovisuel permettent de mettre en valeur nos œuvres. Lorsque les femmes racontent leurs propres histoires, les réalités qu’elles vivent ou qu’elles observent, le message est plus fort et plus authentique. Nous voulons encourager davantage de femmes à intégrer ce secteur. Qu’elles n’aient pas peur, car le cinéma est un domaine riche d’opportunités où elles peuvent pleinement s’épanouir », a-t-elle affirmé.

Même son de cloche chez Richard Hebélamou, membre de Phoenix Vision, qui a mis en avant la dimension éducative du projet « Nous accompagnons également les élèves dans la réalisation de courts-métrages afin qu’ils racontent leurs propres histoires. Cette démarche leur permet de développer leur créativité, leur confiance en eux et leur esprit critique. Nous voulons aussi sensibiliser les parents au fait que le cinéma n’est pas du vagabondage, mais un véritable métier. Notre objectif est surtout d’encourager les femmes à prendre la parole et à exprimer ce que beaucoup n’osent pas dire », a-t-il expliqué.
Parmi les participantes, Marie Camara a salué cette initiative qu’elle juge inspirante pour les jeunes filles « Nous remercions les organisateurs et les encourageons à poursuivre cette noble mission. Le cinéma est un métier qui exige du courage et de la détermination. Nous invitons toutes les femmes à persévérer dans leurs ambitions, quel que soit leur domaine d’activité, à croire en leurs capacités et à ne pas se limiter aux rôles traditionnellement assignés par la société », a-t-elle déclaré.
À travers cette initiative, Phoenix Vision entend non seulement promouvoir l’accès à la culture en milieu scolaire, mais aussi contribuer à une meilleure reconnaissance de la place des femmes dans l’industrie cinématographique guinéenne, où elles s’imposent progressivement comme des actrices incontournables de la création artistique.
Aliou Maci pour Walpmedia.info







