Nous sommes à Terssè, dans la commune urbaine de Dubréka, où se trouve un atelier de menuiserie pas comme les autres. En plus de fabriquer des meubles, son propriétaire s’est spécialisé depuis plusieurs années dans la confection de cercueils.
Âgé d’une cinquantaine d’années, Fodé Moussa Soumah dirige cette menuiserie qui emploie plus d’une dizaine de jeunes, dont plusieurs apprentis. Passionné par son métier depuis son plus jeune âge, il affirme avoir consacré une grande partie de sa vie à la menuiserie.
Au micro de notre reporter, l’artisan explique que la fabrication de cercueils constitue une activité complémentaire qui, malheureusement, ne génère pas toujours des revenus importants en raison de la faible demande «Ici, nous fabriquons des lits, des fauteuils de salon, mais aussi des cercueils. J’exerce cette activité depuis plusieurs années, même si les commandes ne sont pas fréquentes », confie-t-il.
Poursuivant son témoignage, Fodé Moussa Soumah souligne que la rareté des commandes constitue l’une des principales difficultés auxquelles il est confronté « C’est vrai qu’il y a régulièrement des cas de décès, mais les familles ne viennent pas systématiquement acheter des cercueils. Certaines mosquées et églises disposent déjà des leurs. Il y a également des particuliers qui en achètent à l’avance pour les conserver. Tout cela fait que nous ne fabriquons pas des cercueils en permanence », explique-t-il.
Autrefois, le menuisier produisait des cercueils qu’il gardait en stock dans l’espoir de les vendre plus tard. Une méthode qu’il a finalement abandonnée.
« Avant, je fabriquais des cercueils pour les stocker, mais ils pouvaient rester longtemps sans être vendus. Désormais, nous travaillons essentiellement sur commande », précise-t-il.
Malgré les difficultés, le quinquagénaire reste attaché à son métier. Il évoque notamment les obstacles liés à l’approvisionnement en matières premières et aux négociations avec les clients.
« Pour vivre dignement, il faut exercer une activité. Comme dans tous les métiers, il existe des difficultés qu’il faut surmonter. Chez nous, l’obtention du bois relève parfois d’un véritable parcours du combattant. Et lorsque les clients viennent, ils ne proposent pas toujours des prix avantageux. Mais puisque c’est notre domaine, nous acceptons souvent dès que nous réalisons un petit bénéfice », conclut-il.
Le prix varie de 1 500 000 à 800 000 en fonction du matériel utilisé
Issatou Bella Pour Walpmedia.info






