Depuis près de trois ans, ils travaillent sans être payés. Expulsions, foyers brisés, maladies graves… Ce mardi 27 octobre 2026, au siège de Koloma Château, les travailleurs de SODITEV et du Groupe GANGAN TV ont décidé de briser le silence et d’exiger le paiement intégral de leurs arriérés de salaire.

Dans la foule, la colère était palpable. Des slogans hostiles visaient directement le directeur général, Ibrahima Abé Sylla, accusé par les travailleurs de leur avoir fait de fausses promesses.
Prenant la parole au nom de l’ensemble du personnel, l’ingénieur télécom Cheikh Bamba Yansané a livré un témoignage émouvant sur les conditions de vie des employés.

Selon lui, à leur arrivée dans l’entreprise, les travailleurs avaient placé toute leur confiance en la direction. Par loyauté, ils affirment s’être investis pleinement pour relancer les activités de la société, malgré l’absence de rémunération
Le porte-parole évoque des conséquences dramatiques sur le plan humain et social. Plusieurs employés auraient été expulsés de leur logement pour loyers impayés. D’autres auraient vu leur foyer se disloquer, faute de pouvoir subvenir aux besoins de leur famille.

Plus grave encore, trois cas dramatiques ont été cités. Deux travailleurs auraient été victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC) et se retrouveraient aujourd’hui paralysés. Un troisième aurait été grièvement blessé dans un accident de la circulation sur le chemin du travail.
Malgré ces épreuves, les employés affirment être restés à leur poste, espérant une amélioration de la situation.

Aujourd’hui, le lien de confiance semble rompu. Cheikh Bamba Yansané dénonce une mise à l’écart de ceux qu’il qualifie d’anciens combattants de l’entreprise, au profit de nouvelles recrues qui n’auraient pas connu les moments les plus difficiles.
«Ceux qui nous avaient prévenus se moquent aujourd’hui de nous. Ils nous disent que notre fidélité n’a servi à rien. Cela nous fait très mal », a-t-il lancé, visiblement ému.
Face à cette situation, les travailleurs ont adopté une position commune et sans équivoque. Ils ne réclament, disent-ils, ni privilège ni faveur, mais simplement le respect de leurs droits.
Leur exigence principale : le règlement intégral des arriérés de salaire, évalués à 2 ans et 8 mois, avant toute reprise de nouvelles responsabilités ou tout nouveau projet.
Ils appellent la direction à un dialogue franc et responsable afin de restaurer la paix sociale au sein de SODITEV et de GANGAN TV.
À l’heure où nous publions cet article, la direction n’avait pas encore réagi officiellement à ces revendications.
Aliou Maci pour Walpmedia.info






