Il y a quelques années en arrière, un peu plus de 10 ans, 2013 pour être précis,alors que j’étais encore un célibataire épris de rap, l’honorable Thug a voulu faire un morceau où , il tenait à ressortir le côté hospitalier de Labé qu’il a intitulé »wernay kodho » et il a voulu qu’on y travaille, Saliou Kouyaté à la prod avec l’embryon de son studio, Lyka avec sa passion illimitée et moi même et Djami Toola.
Nous étions dans ma chambre de jeunesse et nos espoirs dépendaient de »mange », seuls les initiés comprendront. »Mange » était la chaîne musicale où l’on connectait le studio pour travailler, le travail dépendait de son humeur.
Nous avons mis des heures à travailler et un évènement est survenu, Saliou a appris au téléphone que des individus s’en étaient pris au club de son père, il était démoralisé, le travail s’est arrêté , il fallait qu’il parte aux nouvelles, il a mis deux heures environ et est revenu pour dire que tout n’avait pas brûlé, c’est un début d’incendie maîtrisé, ouf de soulagement.
Le même jour, à la reprise du boulot, nous perdons la mélodie, nous avons mis de longues minutes à nous remettre.
Dans la chaleur de l’intimité studio ,à l’odeur de sueur et de testostérones, L’honorable Thug me dit: <<El hadj Oumar, lors de son passage à Satina avait épousé une femme de chez nous.>>
Moi: <<Ah! Oui? Je n’ai jamais eu vent de ça !…….>>
Et, j’ai promis de m’informer, j’y ai depuis travaillé sans cesse.
De l’idée historique au recoupement des sources
Bref! Il y a quelques jours, nous avons à nouveau échangé dessus et de Satina, il m’a encore une fois expliqué son histoire, avec ses repères tirés de l’enseignement familial et social.
J’ai décidé de mettre bout à bout nos deux expériences sachant que ma source initiale de cette histoire, c’est lui.
Nene Meeta ou l’histoire de la compagne Foutanienne d’Elhadj Omar Tall
Dans ses nombreuses pérégrinations, les pas d’Elhadj Omar Tall l’avaient conduit à Satina.
A l’emplacement de ce qui a été sa maison aujourd’hui, il y a un espace de recueillement et de prière amenagé à l’initiative de dame Mariama Sy Savané ( une tante à L’honorable M.Lamine Diallo »Thug ») et l’ensemble de la communauté.
D’ailleurs, dans ces souvenirs, au même endroit, il y avait une pierre qui s’est amenuisée progressivement et qui servait de point de ralliement aux caravanes en provenance de la Mauritanie et du Sénégal.
De la même histoire qu’il tient de la communauté, l’honorable Thug explique:
<<…A Satina, El hadj Omar avait passé 7 années et les sages locaux lui ont donné une épouse, Nene Meeta, celle ci avait déjà atteint la menaupose.( La crainte des sages étaient que de ce mariage ne naissent pas des enfants qui ont de la prééminence sur les leurs).
L’histoire enseigne aussi, que l’illustre hôte avait initié un premier lieu de recueillement et de meditation juste après nos enclos là à Gadha Satina.>>
Ce passage d’Elhadj Omar Tall figure bien tant dans les chroniques traditionnelles saupoudrées d’extrapolation que dans certains documents historiques et moteurs de recherche modernes.
Dans ces autres documents, on présente ce passage d’Elhadj Omar Tall comme un fait majeur de l’histoire de la théocratie du Foutah Djallon.
L’érudition et la science d’Elhadj Omar était de notoriété, pour autant, son passage au Foutah était pour lui aussi un moment d’apprentissage et de sondage du Foutah Djallon à l’immense renommée.
A son retour de pèlerinage, Elhadj Oumar quitta le Foutah Toro sur fonds de vives tensions, il arriva vers 1844 sous le règne de l’Almamy Oumar ( père de Bokar Biro, 14 ème et dernier souverain).
Après de grandes consultations entre l’intelligentsia maraboutique d’alors et une rencontre à Diountou entre lui et des émissaires d’Alfa Ibrahima, roi de Labé et père d’Alfa Yaya, l’hospitalité lui est offerte .
A Satina, Oumar Foutiyou forma de nombreux disciples au Coran, la théologie ou aux rites tidjanistes. Mais, il ne faut pas occulter le fait que l’endroit avait déjà sa réputation de centre religieux d’envergure qui avait vu briller des lumières comme: Thierno Amadou Dienghol, détaché du chef lieu de la province pour aller à Mali enseigner le Coran,mais il sera retenu à Satina dans les mêmes fonctions et c’est natifs de la zone qui iront remplir cette mission.
Des exemples de l’érudition et de la force spirituelle d’Elhadj Omar Tall
Son érudition avait fait beaucoup d’emules surtout quant à la justesse de ses prédictions mais pour cet aspect de sa vie nous prendrons que deux exemples.
A son arrivée à Satina, un homme qui ne l’entendait pas de cette oreille dit- on avait pris l’habitude de le menacer avec son sabre, quelques années plus tard, ce sabre a servi à tuer son propriétaire.
Avant son départ de Satina, Elhadj avait vu un enfant déambuler dans ses jeux et il l’a indexé comme futur khalif de la Tidjaniya.
Aujourd’hui encore, tout enfant qui naît à Satina est considéré comme apte à pratiquer les rites de la Tidjaniya sans avoir besoin d’initiation.
Ousmane Tkillah Tounkara







